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Accueil > LAHIC > Ateliers et Ressources > Atelier "Patrimoine culturel immatériel" > PCI : Chronique scientifique et culturelle.

Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Bali, 22-29 novembre 2011

par voisenat - publié le



La sixième session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel s’est réunie à Bali du 22 au 29 novembre 2011.

Comité : Albanie, Azerbaïdjan, Burkina Faso, Chine, Chypre, Croatie, Cuba, Espagne, Grenade, Indonésie, Iran (République islamique d’), Italie, Japon, Jordanie, Kenya, Madagascar, Maroc, Nicaragua, Niger, Oman, Paraguay, République de Corée, République tchèque et Venezuela (République bolivarienne du).

Bureau présidé par le Prof. Aman Wirakartakusumah (Indonésie), composé de cinq vice-présidents : Albanie, Espagne, Nicaragua, Niger et Maroc, et d’un rapporteur : M. Ion de la Riva (Espagne)

Organe subsidiaire composé de l’Italie, de la Croatie, du Venezuela, de la République de Corée, du Kenya et de la Jordanie.

Organe consultatif composé d’experts indépendants (Pablo Carpintero, Espagne, Rusudan Tsurtsumia, Géorgie, Guillermo Sequera, Paraguay, Adi Meretui Ratunabuabua, Fidji, Claudine-Augée Angoué, Gabon, Abderrahman Ayoub, Tunisie) et d’ ONG accréditées (Maison des cultures du monde, France,Ceská národopisná spolecnost / Société ethnologique tchèque, République tchèque, Fundación Erigaie / Erigaie Foundation, Colombie, Craft Revival Trust, Inde, African Cultural Regeneration Institute – ACRI, Kenya, Association Cont’Act pour l’éducation et les cultures, Maroc)

Le comité a débuté par le Forum des ONG

- Liste de sauvegarde urgente

L’examen des candidatures a pour la première fois été soumis à l’avis d’un organe consultatif présidé par Rith Sethi et Monika Therrien. Celui-ci a fait part lors de son compte-rendu sur ses activités d’un certain nombre de difficultés quand à la mise en oeuvre de cette procédure d’examen. Notamment des difficultés de calendrier, l’organe ne disposant que de six mois, la première réunion s’étant déroulée en janvier et la seconde en juillet. Ce rapport a donné lieu au sein du comité à une longue discussion sur la prévalence des décisions du comité sur celles de l’organe consultatif. Sur les 56 candidatures déposées, 39 ont été examinées, les autres ayant été rejetées pour manque d’information :

• 23 pour la liste de sauvegarde urgente

• 12 pour les meilleures pratiques,

• 4 pour les demandes d’assistance

• Examen du rapport annuel Bélarus, « rite des Tsars de Kalyady (Tsars de Noël) » (2009) satisfaction du comité, pas de nécessité pour cet Etat de présenter un 2e rapport annuel.

Création d’un organe consultatif chargé d’examiner en 2012 les candidatures pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

- Liste représentative

Rapport de l’Organe subsidiaire sur ses travaux en 2011 et évaluation des candidatures pour inscription en 2011 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

L’organe subsidiaire présidé par la Corée et le Kenya a soulevé la question de l’expertise scientifique sur les dossiers et l’implication des communautés dans la préparation et l’élaboration de toutes les étapes de production du dossier (inventaire, mise en œuvre, identification). Il réclame que désormais cette participation fasse l’objet de descriptions détaillées des mécanismes de participation et que les procédures d’implication des communautés soient argumentées à toutes les étapes. Il insiste notamment sur la stratification sociale et la visibilité des questions de genre.

L’organe subsidiaire a également soulevé la question des items similaires sur la liste représentative. Le Comité a rejeté, à Bali, trois candidatures japonaises de processions arguant du fait qu’une procession japonaise était déjà inscrite et qu’il fallait faire des candidatures communes pour des éléments pouvant relever d’une même "famille".

• 107 candidatures dont 49 examinées

• 19 dossiers validés

• 20 dossiers renvoyés

• 11 dossiers retirés avant examen dont un dossier français « la porcelaine de Limoges »

- L’équitation de tradition française

La rédaction du dossier de candidature de l’équitation équestre a desservit cette candidature dans la mesure ou l’information qu’il contenait était mal réparties et ne répondait pas exactement dans les différents paragraphes aux questions posées par le formulaire. Par exemple la communauté était définie dans d’autres parties du formulaire que celle attendue. Parmi les problèmes relevés par l’examen du dossier, celui de la différenciation entre la pratique culturelle et la pratique strictement sportive donnant lieu à des compétions a rendu perplexe le comité. Des interrogations ont également porté sur l’élitisme et le professionnalisme de la pratique et des praticiens et sur la définition de sa fonction sociale, jugée pas suffisamment apparente dans le dossier.

Nous nous sommes rendu compte que le dossier ne suscitait pas l’enthousiasme de la majorité des membres du comité, bien au delà des avis exprimés officiellement. Nous avons du répondre a de nombreuses questions de plusieurs membres du comité avant que le dossier ne soit débattu en séance, ce qui a permis d’éclairer l’argumentaire et de favoriser l’adhésion à une éventuelle inscription. Nous avons sollicité certains membres du comité pour préparer cet argumentaire qui a donc été soumis à l’expertise de Riek Smeets et à celle de Pierre Bois. Il faut noter que le délégué des Emirats Arabes Unis a largement usé de son influence sur plusieurs délégations pour neutraliser (Venezuela) ou rallier (Paraguay, Croatie) des délégations à notre cause.

La candidature de l’équitation de tradition française a été inscrite avec le soutien du Japon, de la Croatie, de l’Espagne, de l’Azerbaidjan, de Chypre, du Maroc, du Paraguay.

- Cycle 2012

Le Comité a établi l’organe consultatif chargé d’examiner en 2012 les candidatures pour inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, les propositions pour le Registre des meilleures pratiques de sauvegarde et les demandes d’assistance internationale d’un montant supérieur à 25000 dollars des États-Unis, ainsi que l’organe subsidiaire pour l’examen des candidatures sur inscription sur la Liste représentative en 2012.

L’amendement limitant à 62 dossiers de candidatures pour 2012, toutes listes confondues a été adopté donnant à chacun des pays (dont la France) qui avaient déposé des dossiers le droit à l’examen d’un seul dossier de candidature, un autre amendement précisant que les candidatures à la liste urgente devant être prioritaires.

Aucune décision n’a été prise concernant les années suivantes ni sur le nombre de candidatures, ni sur l’ordre de priorité à leur accorder, cette question étant renvoyée à l’Assemblée Générale.

L’organe consultatif a été renouvelé par moitié et l’ONG française (La Maison des Cultures du monde) réélue comme membre de cet organe.

La suppression de l’organe subsidiaire et l’élargissement des responsabilités de l’organe consultatif aux inscriptions sur la liste représentative a fait l’objet d’un long débat passionné qui a vu s’affronter le bloc ibéro-latino américain allié au groupe Corée-Chine-Iran auquel s’étaient ralliés l’Indonésie et la Croatie, au reste des membres du Comité (le Maroc et la Jordanie restant neutres) ; une recommandation de suppression de l’organe subsidiaire sera présentée à l’Assemblée Générale en juin. Cette proposition n’a pas fait consensus mais a été acquise à la suite d’un vote (10 pour, 9 contre, trois abstentions et deux absents).

On ne peut que constater que, constamment, quel que soit l’enjeu ou le débat le groupe ibéro-latino-américain a fait front commun. Par ailleurs Chine, Corée et Iran ont été constamment sur les mêmes positions face ou contre le Japon resté extrêmement discret.

- Réunion des pays membres de l’Union européenne

Deux réunions des pays membres de l’Union européenne eurent lieu et un projet de déclaration commune rédigé et amendé fut finalement supprimé, aucun dénominateur commun –même au minima d’une déclaration signalant simplement l’intérêt que portaient ces pays à la mise en œuvre de la Convention- ne pouvant être trouvé entre les délégations des pays membres de l’UE.

- Langue de travail

Il faut noter la prédominance de l’anglais comme langue de travail ; le secrétariat a même dû être rappelé à l’ordre pour tenter quelques brèves interventions en français, langue que seules cinq délégations (sur 24 au Comité) utilisaient : Burkina Faso, Chypre, Madagascar, Maroc, Niger.

Il faut enfin signaler que toute la réunion a été consacrée aux inscriptions sur les listes (la septième et dernière fonction du Comité, article 7 de la Convention), seule une journée, partiellement amputée, a traité des six autres fonctions prioritaires.