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Accueil > LAHIC > Ateliers et Ressources > Atelier "Patrimoine culturel immatériel" > PCI : Chronique scientifique et culturelle.

Compte rendu de la 4e session du comité intergouvernemental de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Abu Dhabi (EAU). 28 septembre – 2 octobre 2009.

par voisenat - publié le



Cette session du comité revêtait une importance certaine, puisqu’elle marquait l’achèvement du premier cycle quasiment normal de fonctionnement de la convention (2008-2009) et devait donc être celle des premières inscriptions sur les listes représentatives et de sauvegarde. L’accueil chaleureux et fastueux que les autorités des Emirats Arabes Unis ont réservé à cette manifestation lui a conféré un lustre tout particulier, de nature à marquer les mémoires.

Si les questions relatives aux listes ont été les plus amplement traitées lors de cette réunion, il ne faut pas négliger de mentionner les autres points actés au cours du comité : adoption de la directive opérationnelle relative à l’utilisation de l’emblème, adoption de la directive relative à la sensibilisation au patrimoine immatériel. En outre, étaient également examinées pour la première fois en comité les demandes d’assistance d’un montant supérieur à 25 000 $ des USA, de même que pour la première fois étaient débattues la sélection des experts chargés d’examiner ces demandes d’aides et les futures candidatures sur la liste de sauvegarde.

Reste que les inscriptions sur les listes ont occupé tous les esprits et tenu une large place dans les débats. Tous les participants se sont réjouis de ces premières inscriptions, mais les représentants de la direction générale de l’UNESCO et du secrétariat de la Convention ont d’emblée attiré l’attention du Comité sur plusieurs problèmes graves, de nature selon eux à entraver le bon fonctionnement de la convention et à corrompre son esprit définitivement, si les dérives qui en découlent venaient à perdurer. En premier lieu, le très grand nombre de candidatures sur la liste représentative est en lui-même source de difficultés techniques et matérielles pour le secrétariat : 111 dossiers pour le cycle 2008-2009, 147 pour le prochain. Cette inflation de dossiers qui est le signe d’un succès indéniable est toutefois à considérer comme la manifestation d’un double déséquilibre.

Déséquilibre au sein de la liste représentative, pour commencer : le groupe Asie-Pacifique (groupe IV) concentre à lui seul 54 % des candidatures soumises, et en son sein quelques pays (Chine, Japon, Corée du Sud) sont les principaux fournisseurs de dossiers. Le groupe I (Europe occidentale, Turquie, Amérique du Nord) rassemble 14 % des candidatures. En revanche, les groupes V(a), V (b) et III (Afrique subsaharienne, pays Arabes et Amérique du Sud – Caraïbes) ne sont à l’origine que derespectivement 4, 1 et 6 % des candidatures. Le rééquilibrage recherché avec la création de cette convention entre pays du Nord et du Sud dans la représentation du patrimoine mondial est donc d’emblée un échec. Cette dérive risquerait même de s’accentuer au cours du prochain cycle, puisque 90 des 147 dossiers reçus proviennent de trois pays d’Asie.

Déséquilibre ensuite entre les deux listes : 12 dossiers seulement ont été traités cette année pour la liste de sauvegarde et 4 ( !) le seront lors du cycle suivant. On se souvient pourtant que dans l’esprit de la convention, rappelé à maintes reprises lors des comités, la liste de sauvegarde, en relation directe avec l’intitulé et les missions de la convention de 2003, constitue le cœur du dispositif et mérite les efforts les plus soutenus.

Ces déséquilibres redoutés et désormais constatés doivent faire l’objet, pour espérer être corrigés d’une réflexion approfondie : pour cette raison, un groupe de travail ouvert se réunira d’ici l’Assemblée générale de 2010 pour lui soumettre des propositions. D’ici là, il a été décidé que le secrétariat examinerait les candidatures en privilégiant celles des pays ayant jusqu’à présent présenté peu de dossiers, ainsi que les candidatures multinationales.

L’analyse des éléments inscrits lors de cette session dépasse largement le cadre de ce compte-rendu. On invite pour cela à se reporter au site du patrimoine immatériel de l’UNESCO, qui propose au visiteur le texte des dossiers de candidature des éléments inscrits, les documents attestant de l’implication des communautés, des diaporamas et des extraits de vidéos portant sur les éléments. Rappelons enfin que, pour la France, 4 éléments ont été inscrits : l’art du trait de charpente, le Maloya et la tapisserie d’Aubusson sur la liste représentative, ainsi que le Cantu in paghjella corse sur la liste de sauvegarde.