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Accueil > LAHIC > Ateliers et Ressources > Atelier "Patrimoine culturel immatériel" > PCI : Chronique scientifique et culturelle.

Compte rendu du 4e séminaire d’ethnomusicologie caribéenne. Sainte-Anne, Guadeloupe, 6 au 13 juillet 2007.

par voisenat - publié le



Du 6 au 13 juillet 2007, s’est tenu à Sainte-Anne (Guadeloupe) le 4e séminaire d’ethnomusicologie caribéenne, entièrement consacré cette année au patrimoine culturel immatériel et à sa sauvegarde..

Le thème retenu pour ce séminaire, dont le principal organisateur est la Médiathèque Caraïbe de Basse-Terre, était le patrimoine culturel immatériel de la Caraïbe. En dehors des deux premières journées, tenues sur l’île de la Désirade pour la découverte de la tradition des chants de marins de l’île, toutes les séances ont eu lieu sur la Grande Terre, sur la commune de Sainte-Anne. En même temps que se tenait le séminaire, était organisé le 20e Festival de Gwoka, intitulé cette année « Sauvegarder et promouvoir ». Les débats du séminaire, qui embrassaient toute l’aire caraïbe, rassemblaient des praticiens de différentes traditions et des universitaires, des représentants d’administrations et des élus, des habitants de la Guadeloupe, de la Martinique et d’autres îles anglophones ou hispanophones, ainsi que plusieurs universitaires américains, principalement spécialistes de l’Amérique centrale (Cuba, Saint-Domingue, Nicaragua). Le public extérieur était peu nombreux (étudiants et praticiens amateurs), mais très présent lors des discussions, qui se sont tenues en français, en anglais, et très souvent en créole.

Contrairement à ce que l’on pouvait observer à l’occasion de manifestations tenues en France métropolitaine en 2005 ou 2006, le concept de patrimoine immatériel tel qu’il est défini par la convention de 2003 est en Guadeloupe très aisément appréhendé et mis en œuvre par les praticiens et les acteurs locaux, sans que soit faite la confusion souvent entendue ailleurs avec les formes dématérialisées du patrimoine archivistique. De même, les caractères constitutifs du concept (primat accordé aux praticiens sur les experts, prééminence de la pratique sur l’objet qui en est la trace, transmission intergénérationnelle, évolutivité constitutive de ce patrimoine et rôle structurant du patrimoine immatériel pour l’identité collective) sont tenus pour acquis et spontanément mis en œuvre par les intervenants et par le public. En revanche, il convient de signaler que les débats consacrés au patrimoine immatériel se sont presque exclusivement concentrés sur les chants et danses traditionnels. En outre, parmi ceux-ci, la pratique du Gwoka a monopolisé une grande partie de l’attention.

Ce constat étant posé, on a pu au fil des débats repérer les différenciations géographiques et politiques les plus évidentes dans les modes de transmission ou de revitalisation de ces formes traditionnelles. En outre, il convient de noter tout particulièrement la qualité des actions menées, dans tous les domaines, sur l’île de Sainte-Lucie.. Enfin, au sein d’un même territoire, en l’occurrence la Guadeloupe, certaines pratiques sont très répandues et paraissent investies d’une valeur symbolique forte (le Gwoka), d’autres, tout en étant pratiquées, ne bénéficient pas d’une aura semblable (le Quadrille), d’autres enfin apparaissent comme résiduelles et menacées et de devraient faire l’objet de politiques de sauvegarde (chants de labours de Marie-Galante, chants de marins de la Désirade).

La pratique des chants et danses traditionnels, portée par de nombreuses associations et ayant trouvé en la Médiathèque caraïbe un conservatoire autant q’un outil de diffusion scientifique et pédagogique de qualité (cette institution a reçu, lors d’une réception tenue à la résidence départementale en marge du séminaire, le don d’une copie des archives sonores de l’ethnologue Allan Lomax, composées d’enregistrement réalisés dans l’aire caraïbe en 1962), devrait bénéficier du développement attendu du centre des musiques et danses traditionnelles de la Guadeloupe.