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Programme 2006-2007

par voisenat - publié le

Avec la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel l’UNESCO propose, à échelle mondiale, l’institutionnalisation d’une nouvelle catégorie patrimoniale. A la fois novateurs et problématiques, les changements les plus considérables proposés par cette Convention ne semblent pas se limiter à l’introduction de la catégorie d’« immatériel ».

L’élaboration de cette idée propose en effet un changement de point de vue riche de conséquences pour les valeurs et les pratiques patrimoniales. D’une part, l’action institutionnelle est désormais censée se focaliser non plus sur la « protection » des expressions culturelles (matérielles ou immatérielles) mais sur la « sauvegarde » de l’acte social de création et de réélaboration qui permettent leur production. D’autre part, l’abolition de la valeur d’ « authenticité » et la substitution de l’idée de « représentativité » à celle de « valeur universelle exceptionnelle » ouvrent des perspectives différentes de celles qui étaient proposées jusqu’ici par l’UNESCO et qui étaient bien enracinées dans la théorie et la pratique patrimoniale des acteurs locaux. Comment ceux-ci réagiront-ils à cette nouvelle approche théorique relativiste et démythifiante ?

Nous considérerons donc les enjeux et les difficultés liés au renouvellement des objectifs de l’action institutionnelle requis par ces transformations.

Au sein de l’UNESCO cette « révolution patrimoniale », expression d’instances non-occidentales, a été perçue comme venant perturber des valeurs et des pratiques consolidées. Certains anthropologues ont par ailleurs émis des critiques, mettant en garde contre la muséification du vivant, l’objectivation de la tradition ou condamnant l’initiative de l’UNESCO comme opération méta-culturelle. L’expérience de terrain démontre enfin que la notion d’authenticité, fondant la légitimité de la rhétorique patrimoniale, est, dans la pratique, consubstantielle à celle de patrimoine. Se positionnant donc en plein débat institutionnel et intellectuel, cet atelier veut contribuer à la réflexion actuelle sur les enjeux du PCI tout en se focalisant sur des études de cas dans une perspective de recherche appliquée aux pratiques patrimoniales.

Mercredi 6 décembre 2006. Introduction à la notion de patrimoine culturel immatériel (son histoire et son évolution à l’intérieur de l’UNESCO, les enjeux et les problématiques majeurs etc.) avec :

— Chiara Bortolotto (Lahic). Du monumental au vivant : le processus de définition du « patrimoine culturel immatériel ».

— Sylvie Grenet et Christian Hottin (Mission à l’ethnologie, Ministère de la culture). Les questions de la Mission à l’ethnologie face à cette nouvelle catégorie.

Mercredi 17 janvier 2007. La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. avec :

— Rieks Smeets (UNESCO, Chef de la section du patrimoine immatériel).

Mercredi 14 février 2007. De la protection à la sauvegarde : le rôle des inventaires. avec :

— Laurier Turgeon (Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université de Laval.)

Mercredi 14 mars 2007. Les Chefs d’œuvres du patrimoine oral et immatériel de l’humanité. Préparation de la candidature, critères de sélection et impact de la proclamation. avec :

— Ouidad Tebbaa (Professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et secrétaire générale de l’Association "Place Jemaa El Fna Patrimoine oral de l’Humanité").

— Anne Meyer-Rath (Doctorante, Hamburger Institut für Sozialforschung).

Mercredi 18 avril 2007. Exemples de candidatures à la liste représentative. avec :

— Michèle Guelfucci (vice Présidente du Centre de musiques traditionnelles de Corse, doctorante à l’Université de Corse )

Mercredi 16 mai. "La gastronomie française au PCI ? "

- Christophe Marion, chargé de mission scientifique, Institut européen d’histoire 
et des cultures de l’alimentation,

- Laurence Bérard et Philippe Marchenay, directrice et directeur de l’équipe 
"Ressources et terroirs" du CNRS