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Espèces d’espaces. Les coquillages ordinaires chez soi ou une invitation à un voyage intérieur.

par Nadine Boillon - publié le

Résumé de l’article de Anne Monjaret, « Espaces d’espèces. Les coquillages ordinaires chez soi ou une invitation à un voyage intérieur », Techniques & Culture, « Itinéraires de coquillages », Elsa Faugère, Ingrid Sénépart (dir.), n° 59-2, 2012 (sortie avril 2013), p. 62-77.

Cet article s’intéresse à toutes les sortes de coquilles (ou plus communément dits « coquillage ») qui occupent nos univers domestiques. Il interroge entre autres le sens des usages qui leur sont associés. Les coquillages conjuguent à la fois une fonction esthétique et une fonction mnémonique. Ils ont la particularité de s’insinuer subrepticement dans nos vies. Ils s’accumulent au fil du temps de ci de là dans les pièces de nos logements, au point qu’il semble parfois difficile de s’en débarrasser, ce qui leur confère un brin d’éternité. Ils habitent nos intérieurs tout comme nous les habitons en retour. Ils nourrissent un imaginaire des vacances et du voyage (ordinaire ou scientifique). Mais ce voyage a la particularité de se dérouler « chez soi » sur place. En stimulant un voyage intérieur, un voyage en intérieur, ils se vivent, se ressentent plus qu’ils ne se disent ou ne se racontent. Les coquillages (trans)portent l’âme de ceux qui les ont recueillis, font rêver les enfants autant que les adultes, inspirent l’artiste. Ils font se croiser des registres qui a priori s’opposent : le proche et le lointain, le familier et l’exotique ou encore le commun et le scientifique. Leur présence apparaît suffisamment nécessaire pour que s’opère, d’une génération à l’autre, la transmission des valeurs qu’ils portent. Ils deviennent le symbole des migrations individuelles et/ou familiales. Mais plus que tout ils sont le point d’ancrage de la mémoire de lieux, de moments et de gens. Ils apparaissent comme des ponctuations qui suivent nos parcours de vie, qui en permettent les réminiscences. C’est en procédant à une auto-ethnographie élargie que l’auteur saisit le sens contemporain des territoires ordinaires des coquillages, inscrivant sa réflexion dans une ethnologie de la culture matérielle.