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Observer les processus créateurs

par Nadine Boillon - publié le

« L’artiste apporte son corps, recule, place et ôte quelque chose, se comporte de tout son être comme son œil et devient tout entier un organe qui s’accommode, se déforme, cherche le point, le point unique qui appartient virtuellement à l’œuvre profondément cherchée qui n’est pas toujours celle que l’on cherche. »

Programme

Paul Valéry décrit ici (dans Mauvaises pensées et autres, 1942) l’acte de peinture, acte de connaissance que modèlent en ses détours les surprises du hasard et de la découverte, engageant physiquement le corps de l’artiste conçu comme instrument d’action et d’interaction avec le monde et sa matière.
Le séminaire « Observer les processus créateurs », initié en décembre 2010, a exploré les manières dont l’ethnographie peut rendre compte du mouvement de la création : mouvement saisi sur le vif de l’agir en cours, que la création soit collective – montage d’une pièce de théâtre, tournage d’un film, improvisations poétiques ou musicales –, ou individuelle, dans les cas de la performance de l’acteur, du conteur, du peintre ou du sculpteur aux prises avec son travail ; mouvement saisi une fois l’œuvre achevée, lorsqu’il faut reconstituer son élaboration en partant de l’étude des traces, des brouillons, des esquisses, des ébauches, ou suivre le travail d’anamnèse et d’explicitation du créateur lui-même...
Plusieurs contributions ont montré comment l’exercice de la création impliquait intimement le corps du créateur, par l’effort physique accompli, les sensations, les émotions et les sens éprouvés. Car si celui-ci « apporte son corps », il « est » aussi un corps, affecté par ce qu’il vit et met en œuvre.
Lors de ces journées, à partir de l’étude de cas particuliers, nous proposons de revenir sur l’expérience du corps, saisie dans le moment de la création, et de reconsidérer la manière dont elle est construite, puis traduite dans les mots et les actes de ceux qui y sont engagés : l’attention portée aux métaphores corporelles de la genèse de l’œuvre, aux représentations des relations du créateur à son ouvrage (combat, affrontement, incorporation, fusion, circulation…) et à ses instruments de travail, des rapports entre intériorité et extériorité, celle des autres, – vivants, morts, esprits –, des lieux – chambres, ateliers, scènes, sanctuaires,… –, à la description et à la quête d’états sensoriels singuliers (synesthésie), introduit autant de voies possibles ouvertes à la réflexion.

Les deux journées se dérouleront dans le bâtiment Le France – 190-198, avenue de France, 75013 Paris
3 mars - Salle du Conseil A, Sous-Sol
7 mars - Salle du Conseil B, Sous-Sol
Une troisième journée aura lieu le 19 mai.

Intervenants :

Julie Cayla (doctorante)

Carlo Célius (CNRS)

Michèle Coquet (CNRS)

Altaïr Després (LABEX, post-doctorante)

Amalia Dragani (LABEX, post-doctorante)

Daniel Fabre (EHESS)

Rosalia Martinez (université de Paris 8-Saint Denis)

Carine Plancke (EHESS)

Odile Vincent (CNRS)