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Sources, archives et histoire institutionnelle de l’ethnomusicologie de la France (SAHIEF)

par Nadine Boillon - publié le

Cycle de conférences proposé par Daniel Fabre (DE, EHESS), François Gasnault (CGP, MCC-CNRS)
et Marie-Barbara Le Gonidec (IE, MCC-CNRS)

Organisé les 1er et 3e vendredis du mois, le séminaire a lieu à l’EHESS Paris, de 15h à 17h, du 6 février au 5 juin 2015, au 105 bd Raspail, salle 4.

L’ethnomusicologie de la France se met en place dès 1937 au sein du musée national des Arts et tradition populaires avec la création d’un « secteur musique » confié par Georges Henri Rivière, directeur du musée, à Claudie Marcel-Dubois.

La reconnaissance de son objet d’étude, la musique populaire, qui amène à l’institutionnalisation de la discipline, est le fruit d’un long processus. Il commence avec les Romantiques qui procèdent aux premiers collectages de littérature orale dont nous disposons aujourd’hui. Soutenu officiellement (1853, enquête Fortoul, ministre de l’instruction publique), ce grand mouvement de collecte ne s’accompagne pas pour autant des moyens financiers qui auraient pu faire de cette entreprise, assumée pour l’essentiel par des notables et des érudits locaux, une opération d’envergure. Certes la musique vocale et bientôt la musique instrumentale constituent-elles l’un des axes de l’étude des savoirs populaires, érigée en discipline dénommée « folklore ». Mais les folkloristes, rapidement organisés en réseaux et sociétés savantes à dimension internationale, patienteront longtemps pour disposer d’un ancrage institutionnel. C’est le gouvernement du Front populaire qui crée, en 1937, le musée national des Arts et traditions populaire : il ouvre ses portes, sans grands moyens mais avec la lisibilité et la légitimité que donne l’insertion dans le réseau des musées de France, plus le soutien du CNRS qui le positionne d’entrée de jeu en « musée-laboratoire ». La première enquête de « folklore musical » intervient dès 1939. Bientôt, ce terme de folklore tombe en désuétude, comme si son institutionnalisation l’amenait à céder la place à une ethnologie du fait musical ou à une musicologie de la création populaire... Peu à peu, une « ethnomusicologie de la France » s’affirme et revendique son autonomie aux côtés d’une ethnomusicologie « générale » ou exotique, qui a pris quelques longueurs d’avance au musée de l’Homme.

Claudie Marcel-Dubois, secondée dès 1946 par Maguy Pichonnet-Andral, réalise ou programme, jusqu’au milieu des années 1980, plus d’une soixantaine de missions portant sur les terrains français et francophones (Antilles françaises, Mascareignes mais aussi Canada français, Louisiane et îles anglo-normandes) ; toutes deux participent également aux grandes enquêtes pluridisciplinaires engagées par le CNRS sur le plateau de l’Aubrac et en Châtillonnais. Sous leur férule, une discipline – une profession – s’organise, trouvant ses marques et définissant sa méthodologie au fil de ces enquêtes de terrain qui ont laissé de nombreuses archives : des enregistrements sonores mais aussi des documents écrits (correspondances préparatoires, carnets et notes de terrain, transcriptions des paroles et des timbres collectés, rapports, etc.), des photographies et quelques films. La plupart des enquêtes sont demeurées inédites. Il est grand temps de prendre la mesure d’une entreprise aussi systématique, tant au niveau de ses pré-requis méthodologiques qu’à celui de ses résultats, d’autant qu’elle se déploie, pour l’essentiel de la période considérée, en situation de monopole.

Ainsi cherchera-t-on, dans le cadre de ce cycle de conférences, à comprendre comment, au sein du musée-laboratoire mais aussi en amont et en aval de ce « moment ATP », s’organise, se développe et se structure l’ethnomusicologie de la France.

PROGRAMME

6 février 2015

Daniel Fabre (EHESS)

Les collectes chansonnières des 19e et 20e siècles ou une autre approche du passage du folklore à l’ethnologie

François Gasnault (MCC-CNRS) et Marie-Barbara Le Gonidec (MCC-CNRS)

Ressources et matériaux : les archives du département d’ethnomusicologie du MNATP

20 février 2015

Luc Charles-Dominique (UNICE-IUF),

Des folkloristes romantiques aux collecteurs revivalistes : les épistémologies des différentes ethnomusicologies de la France

6 mars 2015

Brice Gérard (Centre Alexandre Koyré), François Gasnault (MCC-CNRS), Marie-Barbara Le Gonidec (MCC-CNRS)

Naissance de l’ethnomusicologie en France : André Schaeffner et le musée de l’Homme

20 mars 2015

Marlène Belly (Université de Poitiers)

Recueillir et cataloguer « notre chanson folklorique » : autour de Patrice Coirault. Avec le témoignage de Catherine Perrier, chanteuse et collectrice

3 avril 2015

Marie-Barbara Le Gonidec (MCC-CNRS) et François Gasnault (MCC-CNRS)

Les premières missions des ATP : Basse-Bretagne (1939) et Berry (1943)

17 avril 2015

Didier Perre (AMTA) et Marie-Barbara Le Gonidec (MCC-CNRS)

La mission en Haute-Loire de 1946

22 mai 2015 :

Pascal Cordereix (BNF) et Vincent Morel (Dastum)

Les collectes d’archives sonores de la Phonothèque nationale et du mouvement associatif : pour une contre-histoire de l’ethnomusicologie de la France (années 1930 – années 1980)

5 juin 2015 :

Daniel Fabre (EHESS), François Gasnault (MCC-CNRS), Marie-Barbara Le Gonidec (MCC-CNRS)

Bilan et perspectives du premier cycle de conférences

Daniel Fabre, Marie-Barbara Le Gonidec, François Gasnault
Responsables du programme :
François GASNAULT, archiviste et historien http://www.iiac.cnrs.fr/lahic/article847.html

Marie-Barbara LE GONIDEC, ethnomusicologue http://www.iiac.cnrs.fr/lahic/article991.html