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Danser les funérailles. Associations et lieux de pouvoir au Cameroun.

par Nadine Boillon - publié le

Franck Beuvier, Paris, Ed. de l’EHESS ("En temps & lieux"), 2015.

Dans les chefferies bamiléké de l’Ouest du Cameroun, les manifestations artistiques les plus singulières sont aujourd’hui le fait d’Associations culturelles de danse traditionnelle qui se produisent essentiellement à l’occasion des funérailles. Des ensembles diversifiés, offrant au public chorales, performances d’inspiration sportive, créations chorégraphiques, jeux d’acteurs et de masques tenant parfois du spectacle de rue, ou encore performances à forte connotation rituelle, impliquant des actes sacrificiels.

Ces associations, ou « groupes de danse », sont animées par des jeunes, par des cadets sociaux, dont l’anthropologie des Grassfields a longtemps considéré qu’ils représentaient une population asservie, contribuant à la reproduction de la hiérarchie palatine et de l’institution de la chefferie. Ce livre propose une relecture de leurs parcours au XXe siècle, en dressant un panorama inédit du tissu associatif qui compose la chefferie, et de ses acteurs ordinaires qui vont écrire l’histoire contemporaine du Cameroun et de la province bamiléké.
L’auteur brosse ce tableau de l’action collective par touche successive, en s’arrêtant sur les temps forts qui ont marqué la vie associative : l’insertion dans la société coloniale, la création des chefferies urbaines, l’avènement des labels de spectacle, les orientations de la politique culturelle d’État et la naissance des associations de danse traditionnelle, les visages de la guerre d’indépendance en pays bamiléké, les formes de la lutte armée, les procédures rituelles enfin, générées par ce conflit. De la danse à la guerre, les réunions bamiléké incarnent le cadre de l’action et confèrent à leurs membres un statut resté méconnu au regard de l’institution de la chefferie.

SOMMAIRE


Avant-propos. Spectacles inattendus aux funérailles
Introduction. De la trajectoire des cadets bamiléké

Chapitre premier. « Les morts ne sont pas morts »

« Quelle est cette malchance ? » Du malheur à la malédiction
« Marcher sur les pas de son père »
Les défunts « réclament » leurs funérailles

Chapitre 2. Aux funérailles du chef

Le chef est mort, vive le chef !
Considération et convoitise aux funérailles
Les associations de danse traditionnelle célèbrent les funérailles du chef

Chapitre 3. Payer le droit de danser

Les fraternités d’âge mandjon
Le droit de danser le
Le serment du mandjon
Vie et mort des mandjon

Chapitre 4. Les chefferies du divertissement

L’« évolué » et son village
La chefferie de l’extérieur : nouvelle hiérarchie de réunions et de titres
De la ville au village : l’avènement des labels de spectacle
Les chefferies du divertissement

Chapitre 5. Le cadet bamiléké en figure nationale

Le « microcosme de la négritude »
Le parti unique à l’assaut de la chefferie
De l’emblème statutaire au bien commun
« La danse des responsables »

Chapitre 6. « Tu roules et tu meurs ! »

Une sortie avec Mini Nzang
« Montrer sa capacité »
« C’est comme du football »
« Créer des situations »

Chapitre 7. « Ne vous approchez plus du feu ! »

« Tout est en place ! »
Techno parade et manipulation du feu
« Ne vous approchez plus à côté du feu ! »

Chapitre 8. « Tu ne connais pas »

« Parler d’une seule bouche »
La parole du Kana
Les « sacs » du Kana
La « propagande » dans le Pénemfon : user et abuser des emblèmes statutaires

Épilogue : « Les quatre yeux du créateur »

Chapitre 9. « Si l’animal monte sur la natte, on l’égorge »

Le Kana : pouvoir et contre-pouvoir
Des réunions au service du débat politique et de l’action militante
Les visages du Maquis
Les réunions sous le Maquis : l’engagement dans la lutte armée
Les homologies entre l’ANLK et le Kana

Chapitre 10. « Tu n’entendras plus jamais parler de ça »

Devins et guerre du Maquis
Du kungan au Kana : sacrifice par le feu et apaisement des défunts
Des associations de danse investies dans la « tradition »
« Enlever le malheur »

Conclusion. Figures de cadets