Nos tutelles

CNRS Nom tutelle 1

Rechercher






Accueil > LAIOS > Membres > Les doctorants

Chell Nadège

publié le

Contact : nadegechell chez reso-femmes.org

Direction de thèse : Marc Abélès

Année d’inscription : 2009

Thèmes de recherche :

La féminisation du pouvoir politique dans les processus politiques des gouvernementalités locales/globales et des enjeux du global-politique. Etude de la nature contemporaine du leadership politique féminin et des mouvements transnationaux des ONG internationales, depuis les trajectoires des élues à Mopti et une ethnographie engagée de RESO-Femmes au Mali et au Burkina Faso.

Depuis la conférence de Pékin de 1995, le thème de la participation politique a été intégré dans de nombreux discours internationaux et des décisions ont été engagées pour combler les écarts qui existent entre les hommes et les femmes. Les gouvernements ont été invités à se concerter avec les organisations de la société civile et les chercheurs féministes sur des thèmes d’action prioritaires qui émanent des grands débats internationaux et du dispositif d’action en vue de combattre les inégalités de genre et plus récemment la violence à l’encontre des femmes, les conflits et plus généralement l’insécurité globale.

Contrairement aux recommandations des conférences précédentes, la conférence de Pékin a l’avantage d’être politique dans la mesure où elle engage un véritable dispositif juridico-administratif qui oblige les gouvernements à adopter des politiques publiques pour limiter les discriminations et promouvoir le droit des femmes.

Dès sa IIIe constitution, le Mali intègre aussi tout un arsenal juridique qui va dans le sens politique du dispositif et des conventions et s’engage à adopter des politiques publiques en adéquation et à se conformer à prendre les mesures pour corriger toute situation qui porte préjudice à l’intégrité des femmes. Plus récemment les Objectifs du Millénaire de Développement (OMDs) introduisent une autre dimension au développement : celle d’associer une volonté politique à celle d’un projet économique. Les OMDs, à la différence des conventions traditionnelles ont la particularité d’introduire une idéologie commune et consensuelle et surtout de promouvoir un plan d’action économique et social opérationnel.

Des institutions en somme à qui il est demandé de se mettre en réseau et d’incarner de nouveaux processus décisionnels de « vivre ensemble » et de faire de la « lutte contre la pauvreté », l’élément mobilisateur et idéologique de l’engagement collectif et de l’agir planétaire.

Cette thèse, entreprise à partir de l’exemple malien, a pour ambition de rendre compte du fonctionnement de ces « sociétés en réseau » dans une démarche comparative et de réflexion contemporaine du leadership féminin émergeant des régions du sud. Elle s’interroge sur la nature politique et le caractère transnational récent de leur agir au cœur des transformations politiques de leurs régions et des décisions planétaires prises en leur faveur.

Sur la base d’une analyse des représentations et pratiques, discours mais également des croyances et des imaginaires des élites qui les représentent, la recherche s’interroge plus spécifiquement sur la manière dont ces « nouvelles » élues des régions parviennent à mobiliser des ressources internationales et à assurer les équilibres dans ces zones d’entre deux, marquées par les élections et l’arrivée de jeunes gouvernements « démocratiques » dans les "villes" et villages avoisinants.

Partant du cas de Mopti (Nord-est du Mali) et depuis une ethnographie intensive de ONG RESO-Femmes, elle s’est intéressée aux représentations, pratiques et modes d’actions inédits des leaders féminins "du bas" (intermédiaires et médiateurs, focale sur les élues et leaders d’associations) qu’elle compare aux élites "du haut » dans le cadre d’un global-politique planétaire et d’une réflexion critique des relations internationales traditionnelles.

Dès lors l’entreprise d’une thèse par les élues a l’avantage de poser la question de la valeur heuristique de leur participation et dans le contexte, celle des processus contradictoires de leur légitimation, dans divers lieux du politique et selon des modes d’appartenance et des choix stratégiques multiples auxquels elles se réfèrent. Son objectif est de mieux comprendre leurs « nouveaux » modes de négociation et d’agir, de réappropriation et d’influencer sur les décisions internationales comme les divers moyens mobilisés pour mieux orienter les politiques de développement.

La thèse propose alors de donner des grilles de lecture à ces nouveaux pouvoirs et pratiques politiques de leaders qui émergent depuis l’instauration des gouvernementalités locales et globales.

Partant de l’ouverture que laisse entrevoir un agir planétaire, elle opère d’un retour et détour sur l’anthropologie politique et ses oppositions à la philosophie pour mieux comprendre les récentes transformations du politique. Pour ses méthodes, elle privilégie un débat interdisciplinaire producteur d’un paradigme alternatif, ouvert à la discussion et collaborations dynamiques comme à une certaine réforme des sciences sociales.

Institut d’Anthopolologie de la Globalisation

La thèse s’articule à un programme de recherche opératoire et opérationnel permettant d’instituer de nouvelles méthodes et outils de participation au leadership féminin politique du sud et plus récemment aux jeunes leaders du sud. Il s’agit d’un programme interdisciplinaire, engagé depuis l’expérience d’un long terrain (ouest-africain et onusien) et d’une anthropologie du politique qui puisse appréhender simultanément l’émergence de ces « nouveaux » pouvoirs et modes d’action de leaders féminins du sud. Au-delà des institutions, il permet également d’engager de nouvelles réformes et une réflexion du planétaire qui rapproche l’anthropologie de la philosophie contemporaine. Les usages philosophiques ou théoriques, heuristiques comme ceux des pratiques sociales, pris simultanément peuvent être à la fois des "boites à outils" qui donne les moyens d’établir un diagnostic de notre époque planétaire et de notre pensée, comme de proposer de nouveaux modèles intelligibles qui puissent en retour bénéficier à des politiques publiques et globales. Le projet d’un Institut IAGPlanet s’inscrit dans ce sens et privilégie l’organisation d’équipes de chercheurs interdisciplinaires et des formations aux jeunes générations du sud ouverts à de nouveaux terrains de recherche du pouvoir et du politique dans le contexte de la globalisation.

Mots-clés : Etats, pouvoirs, politique, conflits, alliances, élections, mythes et rituels contemporains, démocratisation, décentralisation, globalisation, utopie planétaire, néo-libéralisme, global-politique.

Discours, narrations, imaginaires, systèmes de classes d’âges et de générations, dispositifs, empowerment féminin, féminismes, structures et mouvements transnationaux, logiques matrilinéaires, factions, « sociétés en réseaux », ONG internationales, contemporanéité du social et du politique, représentations et agir planétaire.

Cursus et activités professionnelles :

- 2015 : labellisation définitive des 2 programmes « E.A.A » et « G.E.P » structuraux et systématisés dans le cadre d’une réflexion du post-agenda 2015 et des Objectifs de Développement Durable et environnementaux.

- 2013-2015 : Thèse et lancement progressif des équipes autour du programme interdisciplinaire scientifique (IAGPlanet).

- 2011-2015 : Programme « E.A.A », « Eau, Assainissement, Alimentation », expertise et opérationnalisation au Burkina Faso

- 2009 : Initiation de la thèse et labellisation des programmes de « formation des formateurs » protection intellectuelle et institutionnelle, LAIOS-IAAC- EHESS/CNRS.

- 2006-2010 : Programme « G.E.P », « Genre, Empowerment et
Parité », protection institutionnelle et intellectuelle du Laios/IIAC, depuis 2007

- 2006 : Création de l’ONG RESO-Femmes, accréditation ECOSOC 2011

- 2001-2004 : D.E.A, EHESS Marseille

- 2001-2003 : Mémoire de diplôme IUED, mention bien

- 1999-2000 : CED, Certificat d’Etudes de développement

- 1998-1999 : Formation continue, Sciences politiques, Université de Genève, en parallèle activité UNESCO

- 1987-1999 : Fonctionnaire internationale à Unesco-BIE, Genève, assistante administrative et de recherche, « Projets de citoyenneté et d’éducations comparées », Afrique, Amérique Latine et Asie

- 1986-1988 : Fonctionnaire des Nation-Unies, Genève service des finances et du budget

Communications :

- 2015 : Workshop « Utopian thinking and Logic-s », Istanbul, June 25th, Communication au 5th Congress of Universal Logic, organisé par le Prof. Jean-Yves Beziau de l’Univ. de Rio, Brésil. Nadège CHELL « Imaginaires contemporains des femmes élues dans les dynamiques du global-politique »

- 2009 « Dignité et véritable citoyenneté de la personne », communication au Congrès International Mediterraneo Senza Handicap La mise en débat citoyenne et des perspectives d’action Nord-Sud : les groupes minoritaires et les femmes dans l’enjeu des globalisations, Marseille, avril.

- 2009 « Sorcellerie et violence globale », communication à la Journée doctorale du Laios, juin

Publications :

- 2015 (en cours) : « Le leadership féminin, un enjeu politique pour les politiques publiques et globales », impact d’une anthropologie du politique au coeur du global-politique

- 2014 (en cours) « Triste Mopti », Des leaders oubliées aux dynamiques contemporaines d’un leadership féminin Ouest-Africain, , essai littéraire et travail depuis archives précoloniales.

- 2003 Diplôme de recherche : Le rôle des associations féminines maliennes et la trajectoire des leaders, Des espaces d’émancipation et de liberté, Etude de cas, IUED - Genève – Monographie publiée IHEID. Institut des Hautes Etudes Internationales de Développement.

Diverses publications, newsletters et plaidoyers sur le site www.reso-femmes.org

Rapports d’activités :

- 2008 : Les approches genre et empowerment, spécial OMD

- 2009 : Le défi des entreprises féminines

Participation ou coordination de débats :

- 2010 : Modératrice table ronde "La micro-finance, outil d’émancipation des femmes ?", Festival Les créatives, Onex, novembre. Expertise : Regard anthropologique au débat sur les modes de financement dans les pays du sud depuis les crises.

- 2008 : « How does anthropology allow to articulate the issues of local and the complexity of global ? », communication à la Table ronde Ecologie, Technologies, les enjeux des femmes dans les politique globales, présence des coordinateurs institutions internationales, PNUD, ILO, etc..).

Organisation et coordination de la table-ronde

- 2007 : Suivi de la journée d’études organisée par le PIEA Comparing Scales of Citizenship Between Legal and Social Representations, Fondation Maison des Sciences de l’Homme et Columbia University Institute for Scholars in Paris (Reid Hall), juin.

- 2007 : "Dynamic cities need women, action and policies for Gender Equality", présidence pour RESO-Femmes, Commitment & Support Network for Women’s Organisations (Switzerland), Allocation of resources in Mali – Gender and allocation of resources, Bruxelles, avril-juin.