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Colloque international-"Nouvelles visions : Anthropologie, art et film expérimental"-30 – 31 mars 2012

publié le

30 – 31 mars 2012

Salle de cinéma, musée du quai Branly, Paris

en accès libre dans la limite des places disponibles

Organisateurs : Caterina Pasqualino (CNRS), Arnd Schneider (University of Oslo) en collaboration avec le Département de la recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly et avec le soutien du Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (LAIOS-IIAC) et du Centre de coopération franco-norvégienne en sciences sociales et humaines.

Comment élargir les champs d’observation du réel ? L’art contemporain et le cinéma expérimental se présentent comme une voie possible en ce qu’ils dérangent nos présupposés et permettent une grande distanciation. Les outils ou procédés utilisés par les artistes plasticiens ou vidéastes - caméra stylo, visionnage en boucle, ralenti ou accéléré, écrans multiples, mise en réseau de caméras de surveillance…— questionnent notre lecture du monde. Ces visions nouvelles incitent les observateurs du social que sont les anthropologues, à modifier la forme de leurs récits et à élargir leurs champs d’observation.

Artiste et ethnographe, Maya Deren a interrogé pendant les années 1940 et 1950 les implications pratiques et théoriques de l’image filmée. Selon elle, il ne suffit pas d’enregistrer les apparences du monde au moyen de la pellicule. Le cinéaste doit s’astreindre à en restituer la perception au moyen d’expériences sensorielles multiples. De même, d’autres artistes et anthropologues affirmeront que la perception optique du monde ne suffit plus. Il faut considérer que ses qualités formelles se mêlent à des sensations acoustiques, haptiques, mais aussi olfactives ou gustatives.

La représentation du temps vécu constitue un autre champ d’investigation. Ainsi les anthropologues, qui se demandent comment restituer le mieux possible la complexité du temps vécu sur le terrain, cherchent à proposer de nouvelles formes de récits, tandis que les artistes expérimentaux, qui luttent contre la compression narrative du temps, mettent en place des dispositifs propres à poser les bases d’une sensibilité accrue au réel.

L’anthropologie, l’art et le film expérimental questionnent notre perception. Voir est aussi comprendre : ce colloque met en perspective les tentatives de renouvellement des protocoles d’expérimentation visuelle propre à amplifier notre compréhension du monde.