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Soutenance Sarah Carton de Grammont

par Lydie Pavili - publié le

Savoir vivre avec son temps. Bref précis de cité-jardinage moscovite postsoviétique, comprenant quelques ruses symboliques de politique locale en période de libéralisation économique extrême, divers conseils et tours de main sur l’art du bon voisinage avec les fantômes, ainsi qu’un menu requiem pour des efforts de bonheur

Le jeudi 5 décembre à 14 heures

à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
salle 638 - Noyau B 6ème étage
Bâtiment Le France
190-198 Avenue de France
75013 Paris

Devant un jury composé de :


M. Marc Abélès, Directeur de la thèse, Directeur d’études à l’EHESS,
M. Michel Agier, Directeur d’études à l’EHESS,
Mme Elisabeth Anstett, Chargée de recherche au CNRS (IRIS),
M. Michel Lussault, Professeur à l’Université de Lyon (Ecole Normale Supérieure de Lyon),
Mme Kathy Rousselet, Directrice de recherche à Sciences-Po (CERI),
Mme Taline Ter Minassian, Professeur à l’INALCO,
M. Christian Topalov, Directeur d’études à l’EHESS.


Vous y êtes très cordialement invité-e-s, ainsi qu’au traditionnel "pot" qui suivra.
Pour faciliter l’organisation de celui-ci, je vous serai reconnaissante de bien vouloir m’annoncer votre présence.


Résumé :


Avec une approche pragmatique considérant les émotions dans leurs dimensions politique et performative, la thèse – fondée sur des matériaux historiques et un terrain immersif dans une cité-jardin moscovite classée, soumise à des logiques spéculatives exacerbées, et dont les habitants se sont constitués en autogestion politique – décrit l’art de savoir vivre avec son temps dans la Russie des années 1990-2000. Pour cela, elle déploie le temps lui-même : faillé, accéléré, suspendu ; syncrétique, hétérogène, polymorphe. Et explicite ce que le temps fait à l’espace – et ce que l’espace fait au temps. Elle examine, notamment, la fabrique performative de la communauté et du localisme ; la brutalité du changement, ce que l’argent fait au temps, mais aussi ce que le temps fait à l’argent et à son hyper-puissance du moment ; les débats politiques du micro au macro, les anciennes et nouvelles valeurs et leur valeur pratique et morale à l’aune du présent et de ses avenirs, de ses passés, de ses avenirs d’antan ; comment la présence des absences – des morts de la Grande Guerre Patriotique, des acteurs et des victimes des répressions – (dé)structurent les rapports sociaux, et comment on les organise socialement ; les scansions du rythme effréné et perpétuellement catastrophiste de la société globale ; l’In-fini de l’instant. Ce travail défend la monographie comme méthode et comme genre : accès à des niveaux de réel autrement inatteignables ; non-renoncement au surcroît d’intelligibilité offert par la posture holiste, laquelle permet de montrer les processus d’action/rétroaction des enjeux de différents domaines de la vie sociale saisie dans la pluralité croisée de ses dynamiques.


Mots-clés : anthropologie urbaine ; anthropologie politique ; anthropologie pragmatique/ actions ; émotions ; temps ; Moscou ; patrimoine ; autoadministration locale.