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Apostoli Cappello Elena

par Antonio Farinhas Rodrigues - publié le

Postdoctorante

Contact

TRAM, EHESS, 190 avenue de France, 75013 Paris

Tél : 01 49 54 21 98

elena.apostolicappello chez ehess.fr

Elena Apostoli Cappello est docteure en anthropologie sociale et ethnologie à l’EHESS et en Anthropologie de la contemporanéité à l’Université de Milan-Bicocca (2009). Qualifié au CNU en sec. 20, en France elle bénéficie actuellement d’une bourse postdoctorale IIAC, au sein de l’équipe TRAM. Sa recherche actuelle porte sur l’activisme agro-alimentaire en tant que « acte de citoyenneté » et sur la politisation de l’agriculture urbaine à Paris.

En partant du constat que la majorité de sujets de ses recherches sont impliqués aujourd’hui dans un processus de réorientation des dimensions politique et existentielle, elle s’engage à montrer que l’agriculture est maintenant à leurs yeux la vraie arène où se déroule la lutte contre le système néo-libéral auquel ils s’opposent depuis longtemps : beaucoup d’entre eux se sont ainsi convertis à un néo-ruralisme, ou à une agriculture péri-urbain. Cela démontre qu’une forte politisation de l’agriculture est en cours en Italie et ailleurs (il faut citer également l’association Libera Terra, qui lutte contre la mafia et au sein de laquelle elle a mené une recherche ethnographique en Sicile en 2012). Dans l’étude de ce processus elle essaie de saisir la nature historique et social complexe de cette réorientation des horizons existentiels et politiques de toute une génération.

Dans sa dernière monographie (2013), issue de sa thèse doctorale, elle conduit une ethnographie multi-située visant à interroger les circulations transnationales des militants entre Mexique, Italie et Catalogne. Pour comprendre les circulations des répertoires militants, les usages stratégiques de l’autochtonie menées par les Zapatistes, et l’importance de la catégorie d’autochtonie elle-même pour les stratégies locales, « chez eux », des militants éco-socialistes italiens et catalans, elle a suivi pendant longtemps dans leurs déplacements entre l’Italie, la Catalogne et le Chiapas, les activistes qui se rendent auprès des communautés zapatistes. Par une anthropologie « indirecte » elle avance l’hypothèse que les circulations des imaginaires politiques issues des voyages militants au Chiapas donnent forme et sens à plusieurs langages et pratiques politiques « alternatives » et communautaires en Europe.
Le livre montre que les mouvements d’extrême gauche sont un milieu très fécond pour comprendre la contemporanéité sociopolitique européenne. Il aborde la question des dépaysements des activistes altermondialistes qui se rendent au Chiapas mexicain en cherchant dans l’insurrection du mouvement paysan et indigène Zapatiste une inspiration politique et, surtout, une alternative anthropologique à la vie occidentale perçue comme ultra individualisée. Il s’agit d’une recherche sur le pouvoir de ce « rêve zapatiste » dans la formation de systèmes de sens partagés, auprès des mouvements altermondialistes contemporains.

Thèmes de recherche :

Anthropologue politique, ses recherches sont globalement dédiées à l’enrichissement de la compréhension des raisons pour lesquelles les personnes se mobilisent et partagent leur engagement dans des contextes de participation collective. Centrée sur l’analyse des processus de subjectivation dans des parcours de militance et d’activisme, elle étudie depuis 2004 les généalogies et les réorientations des dimensions politiques et existentielles qui contribuent, sur différents terrains, à la redéfinition de la sphère du politique.
Mouvements sociaux et participation publique ; anthropologie du politique ; autochtonie et communautarisme ; insurrections rurales et indigénistes ; circulations transnationales au sein des processus de développement ; constructions et usages du territoire ; usages politiques et symboliques des espaces urbains interstitiels.

Terrains :

Italie (nord Italie ; Rome et alentours ; Sicile) ; Mexique (Chiapas), Espagne (Catalogne), France (région parisienne).

Enseignements et recherches récentes :

Entre 2010 et 2013 a été post-doctorante à l’Institut d’Ethnologie de l’Université de Neuchâtel (Suisse) où elle a enseigné l’anthropologie politique pendant trois ans, a dirigé des mémoires et a organisé un colloque international titré « Développements alternatifs » http://www2.unine.ch/ethno/ethno/developpements_alternatifs (mai 2013). En bénéficiant d’une bourse de l’Université de Neuchâtel elle a mené en 2012 une recherche sur les coopératives agricoles de l’association Libera Terra : Néo-ruralisme, durabilité socio-environnementale et éco-tourisme dans des projets locaux de développement au Sud d’Italie (Sicile).

En 2013 elle a également été « Professeure invitée » à l’Université de Padoue où elle à enseigné ethnographie urbaine et méthodologie de la recherche dans le Master Erasmus Mundus « Sustainable Territorial Development ».

A partir du 2012 elle coordonne, avec le dr. Koensler (Queen’s University, Belfast), le réseau EASA d’anthropologie des mouvements sociaux (http://www.easaonline.org/networks/movement/) au sein duquel elle a organisée plusieurs colloques internationaux (Nanterre, Juillet 2012 ; Pérouse, Octobre 2013 « Activism and possibilities of justice »).
Elle est l’un des membres fondateurs du LEMS, le laboratoire d’ethnographie des mouvements sociaux, en Italie.

A partir du 2007 elle coopère (didactique, examens, suivi de mémoires, montage de séminaires et conférences) avec les chaires d’anthropologie des universités de Milan Bicocca et de Padoue.
Elle présente régulièrement ses résultats par des communications dans des colloques internationaux parmi lesquels : EUI - Robert Schuman Center for Mediterranean Studies, (Florence, avril 2011) ; SISP (Palerme, septembre 2011) ; EASA (Nanterre, juillet 2012) ; CSACA (Pérouse, mai 2013), MAX PLANK INSTITUT (Berlin, décembre 2013) ; Ecole Normale Supérieure (Paris, mai 2014).
Elle a aussi été invitée à tenir des conférences dans différentes universités italiennes (Ca’Foscari, Venise ; Université de Bologne, Université de Ferrara ; Université de Milan-Bicocca, Université de Padoue).

Sa thèse doctorale, menée en cotutelle, a été financée par le CNR italien et l’Université Franco-italienne.

Publications :

Monographie :

- Tutti siamo indigeni ! Giochi di specchi tra Europa e Chiapas, Cleup, Padova, 2013. ISBN : 9788867870516

Chapitres en ouvrages collectifs :

- « “Indios” ed etnicità (post) coloniali : Costruzioni e usi strategici nel Messico contemporaneo » in [collectif] Etnografie collaborative e questioni ambientali. Ricerche nell’America indigena contemporanea (Ed. Schmidt, Spagna), Cleup, Padova, 2012. ISBN : 9788861298972

- « Le trasformazioni della militanza nei movimenti antagonisti italiani tra immaginari di viaggio e attivismo queer » in [collectif] Comprendere il dissenso. Antropologia e etnografia dei movimenti sociali (ed. Koensler, Rossi), Morlacchi, Perugia, 2012. ISBN : 9788860744913

Articles :

- « Usi strategici dell’etnicità nella relazione tra movimenti altermondialisti e movimento zapatista messicano » article en Thule – Circolo Amerindiano, Atti del XXXIV Convegno Internazionale di Americanistica, pp. 883 – 892, n.12, Argo, Lecce, 2013. ISBN : 978-88-903490-1-0

- « Lo zapatismo : uso locale e internazionale di un artefatto intellettuale », en Thule – Circolo Amerindiano, Atti del XXX Convegno Internazionale di Americanistica, n. 8, pp. 131 – 142, Argo, Lecce, 2008.

- « Etnicità zapatista : tradire la tradizione ? », en Thule – Circolo Amerindiano, Atti del XXIX Convegno Internazionale di Americanistica, n.7, pp. 51-63, Argo, Lecce.


Thèse :

- (PhD) “Rebelles, activistes, militants et voyageurs. Politiques et mythes dans la relation entre cultures antagonistes de la gauche radicale italienne et mouvement zapatiste au Chiapas”, 2009 (directeurs : Prof. J.C.Garavaglia ; Prof. Silvia Vignato), mention “très honorable avec les félicitations du jury”.
JURY : Juan Carlos GARAVAGLIA (EHESS) ; Silvia VIGNATO (Université de Milano Bicocca) ; Vincenzo MATERA (Université de Milano Bicocca ; Marc LAZAR (Institut de Sciences Politiques, Paris).