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Colloques et Séminaire « Ecrire et penser avec l’histoire », CERILAC Paris 7

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Colloques et Séminaire : Ecrire et penser avec l’histoire », CERILAC Paris 7

Entrée libre

Séminaire « Ecrire et penser avec l’histoire à l’échelle du ‘monde’ ? »
Le mardi en salle Pierre Albouy 16h-18h15 sauf indication contraire
(Argumentaire ci-dessous)

25 novembre : « Repenser le monde à travers le commun »
Avec Christian Laval, coauteur avec Pierre Dardot de Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle (2014).
Séance animée par Catherine Coquio et Inès Cazalas.

16 décembre : « Penser et écrire la question révolutionnaire avec les révolutions arabes » avec Sophie Wahnich et Leyla Dakhli
Séance animée par Catherine Coquio et Frédérique Berthet.

20 janvier 2015 : « Autour du collectif Roms, Tsiganes, Nomades : un malentendu européen, codirigée par Catherine Coquio et Jean-Luc Poueyto ».
Avec les responsables du livre en dialogue avec Etienne Balibar (philosophe) et deux des contributeurs : Leonardo Piasere (anthropologue) et Ilsen About (historien)
Séance animée par Inès Cazalas et Catherine Coquio.

10 février 2015, 17h-19h : « Le cosmopolitisme ordinaire ». Avec Michel Agier autour de son livre La condition cosmopolite. Avec Claude Mouchard.
Séance animée par Catherine Coquio et Inès Cazalas.

17 mars 2015 : « Apocalyptismes contemporains ».
Avec Jean-Paul Engélibert, auteur d’Apocalypses sans royaume, et Raphaëlle Guidée, coorganisatrice du cycle Utopie et catastrophe (Univ. Bordeaux-Poitiers).
Séance animée par Lucie Campos et Catherine Coquio

14 avril 2015 : « Écrire, traduire : interroger le monde à l’échelle du poème. Lectures croisées de Juan Gelman et Herberto Helder ». Avec Jean Portante (écrivain, traducteur) et Daniel Rodrigues (Université de Clermont-Ferrand)
Séance animée par Inès Cazalas et Marik Froidefond

19 mai 2015 : « Filmer dedans/dehors - une expérience des frontières ». Avec Clément Dorival, auteur, réalisateur et coordinateur de projets auprès de « Lieux Fictifs » (Marseille), laboratoire de création partagée en prison et à l’extérieur, en France et en Europe, et Jean-François Cottier, Professeur en langues et littératures classiques et Directeur de la section des étudiants empêchés, Université Paris-Diderot. Exceptionnellement à l’Amphi Buffon. Animée par Frédérique Berthet

16 juin 2015 18h-20h30 : « Littératures nationales ou littérature mondiale ? »
Avec Susan Suleiman & Christie Mc Donald (Harvard University), co-éditrices du collectif French Global (2014) et Emily Apter, auteure de Against World Literature (2013), en présence d’Emmanuel Bouju (Université de Rennes 2/Harvard University).
Organisé en partenariat avec l’axe "Pensée et Création contemporaines". 
Séance animée par Catherine Coquio, Eric Marty, Dominique Rabaté.

Argument du cycle 2013-2015 :

Dans le domaine en mutation accélérée de la connaissance historique, on voit se développer d’un côté la « micro-histoire », de l’autre « l’histoire mondiale » ou « globale », qui, après la déferlante américaine, s’acclimate en Europe à la manière des études post-coloniales dix ans plus tôt : la question de « l’échelle » semble être devenue décisive pour les historiens, engendrant une dialectique entre le « local » et le « global » qui fait reprendre autrement le récit de tel phénomène ou événement, en diversifiant les sources et variant les points de vue, en faisant alterner le gros plan et le grand angle, le détail et le panorama.
L’art et la littérature, parce qu’ils traversent plus que jamais les frontières, n’échappent évidemment pas à cette question, mais cette dialectique s’y présente autrement. Chaque œuvre s’élabore à partir d’un lieu particulier, et en littérature d’une langue particulière, et très souvent à partir d’une expérience de passage ou de déplacement – exil, migration, bilinguisme…- qui, pour beaucoup, modifie les manières d’habiter et d’appartenir. Les débats critiques relatifs à l’idée ancienne de « littérature mondiale » (Goethe) et de « philologie mondiale » (E. Auerbach), reformulée dans la « world literature » ou la « littérature-monde », interrogent forcément la relation du « local » au « mondial » à travers les œuvres. Or celles-ci sont autant de points de rencontre ou de conflits entre des mondes multiples et partagés. C’est à travers ce pluriel et ce partage qu’une œuvre gagne sa teneur politique propre, qui lui fait formuler une certaine protestation contre l’abstraction et l’universel – ou aujourd’hui la « globalisation » comme gouvernance mondiale et brutale uniformisation socio-économique des vies.
On se posera à partir de là plusieurs questions :
- Existe-t-il un « monde » plutôt que des mondes irréductibles ? Que doit-il à la littérature et à l’art, à la différence des langues, à la particularité des histoires, à l’unicité des œuvres ?
- Qu’en est-il de la relation du local au mondial lorsqu’il faut penser les rapports entre art ou littérature et histoire, et leur caractère politique ?
- Lorsque « l’Histoire » devient une force d’aliénation ou d’écrasement dont il faut se sauver ou s’affranchir, quand par elle un lieu de vie se mue en lieu de mort ou d’enfermement, de quel secours devient l’idée de « monde » ? Une telle expérience infléchit-elle la politique du particulier propre à l’art ?
- Lorsque la violence politique ou économique produit une rupture anthropologique, qu’en est-il des mondes et du monde, qu’en est-il des vies et de la vie ? L’art ou la littérature a-t-il la mission et le pouvoir de refaire exister un monde, de redonner valeur aux vies ? Quelle relation s’élabore entre les réflexions contemporaines sur le monde et celles sur la vie ? Comment se croisent ici la philosophie politique et l’art, la poétique, l’esthétique, la philologie ?
- S’il existe un « monde » particulier par ou pour la littérature ou l’art, quel sens politique peut-il avoir aujourd’hui ? Celui qui proteste contre l’universel de la « globalisation », de qui peut-il se faire entendre et comprendre ?
- Quel sens a aujourd’hui la phrase de Hannah Arendt : "Les seuls à croire au monde sont les artistes. La persistance de l’oeuvre d’art reflète le caractère persistant du monde..." ?
Le séminaire tentera ainsi de mettre en relation trois pôles distincts de la réflexion contemporaine : le régime de la mondialité, l’écriture de l’histoire, la teneur politique de l’art.
Ce séminaire transversal est conçu comme un lieu de discussions autour de travaux parus et recherches en cours. Tout en se donnant la liberté de composer à partir du présent et des circonstances éditoriales, et de passer d’une discipline à une autre, on poursuivra un questionnement spécifique, portant sur la teneur politique de la création artistique et littéraire aux prises avec l’histoire collective à penser à l’échelle mondiale – celle-ci étant elle-même soumise à un questionnement critique.

Responsables :

- Catherine Coquio, Professeur de littérature comparée à Paris 7 - Coresponsable de l’axe « Ecrire et penser avec l’histoire » avec Claude Millet au CERILAC. catherinecoquio chez gmail.com
- Inès Cazalas, MCF en littérature comparée à Paris 7 inescazalas chez hotmail.com
- Frédérique Berthet, MCF en études cinématographiques à Paris 7/CNRS IIAC-TRAM berthet.frederique chez wanadoo.fr
- En collaboration avec Marik Froidefond (MCF littérature comparée à Paris 7), Lucie Campos (Vie des idées) Claude Mouchard (Po&sie).

Ce séminaire, organisé dans le cadre du Cerilac et avec le soutien du CERC de Paris 3 (« Discomplit »1), repose selon les séances sur des partenariats avec diverses institutions, associations ou revues.
http://ufrlac.lac.univ-paris-diderot.fr/CERILAC_WEB/FR/PAGE_Axe.awp?P1=25