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Images et politiques de l’autochtonie : transmissions et fictions

Irène Bellier, directrice de recherche au CNRS, LAIOS-IIAC, Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS, LAS, Marie Salaün, maître de conférences à l’Université Paris-V/Descartes, IRIS

par Maryse Cournollet - publié le


2e lundi du mois de 11 h à 15 h (amphithéâtre François-Furet -105 boulevard Raspail- 75006 Paris), du 8 novembre 2010 au 9 mai 2011.
Séminaire ouvert, chercheurs, doctorants, masters…


Le concept de « peuple autochtone », ainsi qu’il est défini par la communauté internationale, concerne environ 400 millions de personnes présentes sur tous les continents, dans soixante-dix-sept États. Depuis le dernier quart du XXe siècle, les représentants de ces peuples, nations et communautés s’appuient sur les Nations unies pour faire avancer la reconnaissance des droits des peuples autochtones et remédier aux problèmes de discrimination et de marginalisation qu’ils connaissent au regard des sociétés dominantes. Depuis quelques années se développe la production de films concernant les situations et luttes autochtones, à caractère documentaire, fictionnel, ou encore ethnographique, dans lesquels ils apparaissent comme protagonistes de leur propre histoire. À la suite du séminaire qui était centré en 2008-2009 sur le thème « héritages et décadrages », et en 2009-2010 sur la question « territoires et mouvements », nous aborderons cette année la problématique de la transmission, par voie documentaire ou fictionnelle, de ce qui fait ou construit l’être au monde autochtone. Nous analyserons les films faits par les autochtones, avec les autochtones, sur les autochtones : leur réception, le statut de la critique, la manière dont ils sont produits ainsi que leur circulation.


Séance du 8 novembre : Fictions, représentations, fixations
« Hollywood et les Indiens  », de Neil Diamond, 87’, Allemagne – Canada, 2009. Le réalisateur, Indien Cree, donne la parole à des personnalités du cinéma connues pour leur regard sur l’image et la place des Amérindiens dans le western américain. Il s’entretient avec Clint Eastwood, le musicien Robbie Robertson, dont la mère est originaire de la tribu des Mohawks, le réalisateur Jim Jarmusch et de nombreux acteurs d’origine amérindienne, comme Wes Studi ou Graham Greene. Deux historiennes et un critique complètent ces témoignages et analysent comment s’est forgée l’image réductrice de l’Indien rusé, cavalier hors pair et assoiffé de sang. Une image qui ne sera corrigée que tardivement.


Arrêt sur image : « A propos d’Avatar ». Discussion : le film de James Cameron sert-il les luttes des peuples autochtones ? Logiques promotionnelles et réactions transnationales.


Séance du 13 décembre : Education, assimilation, auto-détermination
« Pai, Whale Rider », de Niki Caro, 102’, Nouvelle-Zélande, Allemagne, 2003.
Dans le monde maori, une jeune fille cherche à assumer le rôle qui lui plaît, et outrepasse la distribution genrée des rôles sociaux qui la tiendrait à l’écart de l’apprentissage des gestes masculins. 

« Samson et Delilah. True Love », écrit et réalisé par Warwick Thornton, cinéaste aborigène fiction australienne, 2009, 101’, anglais/warlpiri, version sous-titrée an français.
Samson et Delilah sont deux jeunes adolescents vivant dans une communauté aborigène isolée dans le désert du centre de l’Australie. Delilah aide sa grand-mère à peindre. Samson est mal entendant et vit avec ses frères. Quand le malheur s’abat sur eux, ils décident de s’enfuir dans la ville d’Alice Springs où ils font face à la violence, et à la discrimination. Samson sombre dans le sniffage d’essence mais Delilah est portée par l’amour pour Samson et son attachement à sa terre.


Avec la participation de Natacha Gagné, Professeur adjoint au département de sociologie et d’anthropologie, Université d’Ottawa, IRIS-EHESS


Séance du 10 janvier : La mémoire, ce qu’on oublie et ce qu’on retient
« Samson et Delilah. True Love », écrit et réalisé par Warwick Thornton, cinéaste aborigène fiction australienne, 2009, 101’, anglais/warlpiri, version sous-titrée en français. (120 minutes, primé à Cannes en 2009).


Samson et Delilah sont deux jeunes adolescents vivant dans une communauté aborigène isolée dans le désert du centre de l’Australie. Delilah aide sa grand-mère à peindre. Samson est mal entendant et vit avec ses frères. Quand le malheur s’abat sur eux, ils décident de s’enfuir dans la ville d’Alice Springs où ils font face à la violence, et à la discrimination. Samson sombre dans le sniffage d’essence mais Delilah est portée par l’amour pour Samson et son attachement à sa terre.

Sur ce lien un entretien du réalisateur aborigène, Warwick Thornton :
http://generator.acmi.net.au/makers/directing/film-new-dreaming--


« Last call indien  », documentaire de Sonia B. Boileau, 60’, APTN/Canal D.
Ultime amérindienne de sa lignée selon la loi canadienne, une jeune Mohawk se questionne sur son identité au moment du décès de son grand-père : « La loi des Indiens impose que l’identité autochtone se termine avec moi. Bien que j’aie toujours eu des incertitudes et des questionnements sur mon appartenance à ma communauté, je n’ai jamais ressenti un vide culturel si immense et envahissant qu’au moment où mon grand-père est décédé. Même si j’ai toujours su que je faisais partie de la dernière génération inscrite, je n’ai jamais senti le besoin de justifier mon appartenance car je pouvais me référer à ma colonne culturelle qu’était mon grand-père. Sa mort représente bien plus que la fin de sa présence physique, elle me force à trouver comment combler maintenant ce trou culturel et identitaire. »


Séance du 14 février : Cultures à transmettre… comment ?
« Justice Durie », un documentaire de Moana Sinclair, 28’ Tehaa Films, 2007.
L’histoire d’un homme qui devient le premier juge maori à la Haute Cour de Nouvelle Zélande. Expert dans les deux domaines de la loi maori et de la loi occidentale, il joue un rôle important pour la reconnaissance des droits du peuple maori et le règlement des questions foncières. A travers l’histoire de cet homme, le film raconte le récit du changement intervenu entre la grande marche maori de 1975 pour la reconnaissance des droits fonciers et la mise en place du Tribunal de Waitangi.
Avec la participation de la réalisatrice et avocate maorie, Moana Sinclair, en visioconférence.
Spécialisée en Droit international et droits des peuples Autochtones, Moana Sinclair a soutenu une thèse sur les Maoris, le Tribunal et le Traité de Waitangi. Descendante des tribus Ngati Raukawa, Rangitane, Ngati Toa Rangatira, Maniapoto, elle a enseigné à l’université maorie Te Wananga O raukawa. Elle a réalisé plusieurs films indépendants, travaillé pour la télévision et produit en 2001, un documentaire sur la Conférence Mondiale contre le Racisme qui s’est tenu à Durban. Elle est aujourd’hui active dans le règlement de conflits fonciers entre tribus maories et la Couronne…


Kokonor, un lac tibétain en sursis ; un film de Chenaktsang Dorje Tsering, 2009
Le lac Kokonor se trouve à 3200 m d’altitude, au Nord-Est du Tibet (aujourd’hui la Province du Qinghai, au Nord-Ouest de la Chine), il a une superficie de 3000 km2. Lieu sacré célèbre depuis des siècles, il est devenu en 1969 une base de recherche militaire fameuse puisque c’était celle de le première bombe atomique chinoise. Aujourd’hui le lac Kokonor est célèbre pour être l’une des destinations les plus attractives du tourisme chinois.
Dorje Tsering Chenaktsang, originaire de la région retrace l’histoire du lac à travers le destin de ses habitants locaux, nomades et chinois, incluant flashbacks avec images d’archives.


Avec la participation du réalisateur et de Françoise Robin, maître de conférences de tibétain à l’INALCO. En 2003, Chenaktsang Dorje Tsering a créé le premier festival de poésie contemporaine tibétaine, “La Cascade de la jeunesse” qui a donné pour la première fois une voix publique à la poésie moderne tibétaine. Ce festival est devenu une biennale. Dorje Tsering a été enseignant de tibétain à l’INALCO (2002-2008), il a participé à de nombreux festivals de poésie de par le monde et, depuis 2004, il réalise des films documentaires. Une large sélection de ses écrits poétiques et en prose vient d’être publiée en traduction anglaise par Lexington Books (New York), une première mondiale pour un poète contemporain de langue tibétaine.


Séance du 14 mars : Des luttes et des négociations
« On sacred Ground », 1980, 72’ , Australie. Documentaire montrant le contexte culturel et politique du conflit des Aborigènes de la communauté de Noonkanbah dont l’opposition à l’exploration minière sur un de leurs sites sacrés a suscité en 1980 une mobilisation de soutien à travers toute l’Australie (syndicats, partis, Aborigènes d’autres communautés). Un jeune aborigène nous guide dans le film à travers la région du Kimberley. Nous voyons l’anthropologue Kim Akerman expliquer une cérémonie rituelle du groupe de langue kija, où les danseurs portent des peintures sur leurs épaules (dix ans plus tard, ces peintures seront peintes sur toile pour le marché de l’art international). Le film explore l’histoire coloniale, la dépossession, la déportation forcée dans les réserves, et le mouvement impulsé dans les années 1970 par les Aborigènes pour récupérer leurs terres ancestrales, gérer eux-mêmes leurs communautés avec l’espoir d’une autosuffisance économique en maintenant leur langue (une trentaine de langues sont parlées dans le Kimberley), culture et liens sacrés avec des sites.


«  Divided by gas », 2010, 72’, documentaire produit par la chaîne aborigène NITV (2010)
Seront passés des extraits de ce qui montre l’opposition entre différents interlocuteurs dans un projet d’exploitation de gaz sous-marin sur des terres aborigènes (James Price Point au nord de la petite ville de Broome). Le film permet de suivre le processus actuel de négociations entre la compagnie Woodside et divers groupes aborigènes de la côte nord-ouest australienne, certains favorables à ce développement (pour des raisons sociales et économiques) et d’autres opposés (pour des raisons culturelles et spirituelles)


La discussion sur l’évolution des activités politiques et des enjeux économiques et culturels du Kimberley sera animée par B. Glowczewski (qui y a travaillé en 1980 et dans les années 1990) avec Martin Préaud et Arnaud Morvan, deux jeunes chercheurs post-doc qui travaillent dans cette région depuis le milieu des années 2000.

EN RAISON DE LA FERMETURE DE L’EHESS POUR LES VACANCES DE PÂQUES, LA PROCHAINE SÉANCE INITIALEMENT PRÉVUE LE 11 AVRIL EST REPORTÉE AU LUNDI 9 MAI

Séance du 9 mail : Manipulations et redressements
Dents de crocodiles contre bec de casoar, 2010. Un documentaire réalisé par Florence Brunois (chercheur CNRS, LAS) et les Kasua de Nouvelle-Guinée qui montre comment une tribu forestière de Nouvelle Guinée s’engage contre l’exploitation forestière destructrice de leur territoire. Méprisée par le plus grand exportateur du bois papou, le groupe malaysien Rimbunan Hijau, connu pour pratiquer la coupe blanche et des exactions contre les résistants, la Tribu kasua profite d’une nouvelle législation environnementale et crée une réserve autoproclamée.


Nimiipuum Weet’es Part 1, 2008. Un documentaire de Nicolas Barbier (doctorant université de Bourgogne) qui porte sur des conflits de gestion du territoire entre la Tribu Indienne des Nez Percé et les communautés non-indiennes voisines et leurs gouvernements. Ces conflits ont pour cadre le centre-nord de l’Idaho (Etats-Unis), un espace essentiellement rural et faiblement peuplé, une des dernières régions colonisées par les Euro-américains à la fin du 19ème siècle. Ce film se concentre sur plusieurs thèmes intriqués : l’histoire des conflits depuis le premier traité signé entre la tribu et les Etats-Unis en 1855, les questions identitaires, l’évolution des relations entre la tribu et le gouvernement américain, les tensions actuelles entre Nez Percé et non-Indiens dans la Réserve des Nez Percé, et les différentes perceptions du concept de propriété privée.

Site web : http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2010/ue/252/