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Anthropologie des régulations économiques : temps, valeurs et pouvoir

Birgit Müller, chargée de recherche au CNRS, Valeria Siniscalchi, maître de conférences à l’EHESS

par Maryse Cournollet - publié le

2e mardi du mois de 14 h à 17 h, (salle de réunion - 3ème étage - Centre de la Vieille Charité - 13002 Marseille) du 9 novembre 2010 au 10 mai 2011.


Dans le cadre des séminaires de l’EHESS et des enseignements de la mention RCAHS (Recherches Comparatives en Anthropologie, Histoire et Sociologie), master et formation doctorale en sciences sociales (Marseille).

Séance supplémentaire le 30 novembre


En conjuguant empiriquement la dimension économique et politique, ce séminaire explorera le champ des régulations économiques dans leur diversité et dans leur mise en pratiques. Ce qu’on appelle la « globalisation néolibérale » s’accompagne d’une extension et de l’élaboration de nouveaux mécanismes de régulation. En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, appréhendées dans une perspective comparative, le séminaire se consacrera à l’étude des pratiques, des logiques et des politiques de définition et mise en œuvre des mécanismes de régulation (surtout dans le domaine de la propriété intellectuelle). Il s’intéressera aux relations sociales, productives, d’échange et de pouvoir qui les soutiennent ou qui en découlent tout comme aux tensions et aux conflits de valeurs et d’intérêt qui apparaissent quand des nouvelles formes de régulation sont négociées et mises en place. Les champs privilégiés seront ceux de la production, de la consommation et des politiques de l’alimentation. Les diverses séances aborderont l’analyse des régimes de temporalité et de pouvoir, les idées de légitimité et de légalité, les nouveaux espaces économiques que ces formes de régulation produisent. À partir de différents cas et contextes, appréhendés dans une perspective comparative, les concepts classiques de l’anthropologie économique seront réinterrogés.


9 novembre : Assujettissement et autonomie


Valeria Siniscalchi, « Contrats agraires et rapports de travail dans le Mezzogiorno »
La notion d’assujettissement sera abordée à travers l’analyse des échanges, des rapports à la terre et des relations de travail. Le rôle des contrats agraires et la capacité contractuelle des individus et des groupes familiaux seront explorés. Il s’agira également d’analyser l’usage d’autres notions (faveur, prêt,…) pour parler des échanges et par là de la dépendance et de l’autonomie.


Birgit Müller, « Cohabitation et confrontation des logiques contractuelles : la terre et les propriétés intellectuelles  »
Deux logiques contractuelles se superposent dans le champ du paysan, celle sur l’usage de la terre et cette autre, nouvelle, sur l’usage de la semence. Le paradoxe à analyser est pourquoi des agriculteurs qui voient dans la possession de la terre la garantie de leur indépendance et de leur liberté et qui rejettent toute intervention de l’État comme contraignante, s’engagent-ils dans des contrats de production extrêmement contraignants en achetant des semences transgéniques.


30 novembre : Confiance, contrôle et construction des normes


Birgit Müller, « Les Citoyens et la Semence : Construire une fiction de démocratie  »
Cette séance portera sur le rapport entre propriété intellectuelle sur les semences et nouvelles formes de démocratie participative. Il s’agira d’examiner comment le gouvernement Canadien change la législation sur les semences en construisant un dispositif important de participation citoyenne. Comment les agriculteurs en tant que catégorie d’acteurs politiques et économiques sont-ils redéfinis à travers les consultations sur internet et les réunions avec les parties intéressées (stakeholders) ?


Valeria Siniscalchi, « Marques, labels et nouveaux systèmes normatifs »
Les rapports entre propriété intellectuelle et systèmes de régulation des produits seront au cœur de cette séance. Il s’agira de mettre en parallèle diverses formes de labellisation de produits alimentaires, en prêtant attention aux productions qui sont « à la marge » des appellations tout comme aux conflits entre systèmes normatifs mis en place pour protéger et/ou valoriser des produits. On s’interrogera également sur le rapport entre qualité et construction de la confiance.


14 décembre : Registres du temps dans les agricultures globalisées


Valeria Siniscalchi, « Temps agricoles et temps des usines »
Cette séance portera sur les rapports entre entreprises agricoles et usines textiles dans le Sud de l’Italie. Les pratiques et les logiques des deux types d’activité seront mis en parallèle tout comme les différents registres du temps qui les caractérisent. Il s’agira d’analyser les modalités d’intégration et les divergences entre ces deux espaces économiques et les manières de concevoir la relation entre temps et travail.


Birgit Müller, « Combattre la faim dans le monde : le « progrès » technologique dans les politiques et pratiques agraires aux Canada et au Nicaragua ». Cette séance propose une réflexion autour de la contemporanéité des pratiques agricoles des petits producteurs Nicaraguayens et des grands exploitants Canadiens. Dans les controverses autour du futur de la production agricole dans le monde, les pratiques des uns et des autres sont présentées alternativement comme modèles rétrogrades à dépasser ou comme modèles d’avenir. Les enjeux idéologiques, politiques et économiques de ce débat global sont présents au niveau local, font partie des imaginaires et justifient les pratiques des agriculteurs.


11 janvier : Registres du temps, politiques alimentaires et pratiques agricoles


Birgit Müller, «  Le temps de la plante et le temps de l’argent  »
Cette séance examinera l’opposition des logiques temporaires dans le travail long et patient de la sélection et la culture des plantes agricoles et l’urgence de leur valorisation sur le marché. À partir des observations participantes auprès des agriculteurs au Canada et au Nicaragua elle analysera les registres de temps (timescapes) des pratiques agricoles diverses et leurs inscriptions dans des registres temporaires globaux.

Valeria Siniscalchi, « Le temps de l’économie et le temps des batailles politiques : Slow versus Fast dans le mouvement Slow Food »


La philosophie de Slow Food, construite autour de la valorisation des rythmes lents (les rythmes de vie, les rythmes de l’économie ...) semble contraster avec la vélocité d’action de ses responsables et la rapidité des changements qui caractérisent l’histoire du mouvement. La réflexion portera sur les différents registres du temps mobilisés par Slow Food et leurs connexions avec le plan politique et économique. Il s’agira d’analyser les notions de lenteur et de vitesse et leur utilisation et mise en pratique par les acteurs du mouvement, le rapport entre la lenteur affichée et l’urgence des batailles dans lesquelles Slow Food s’engage.


Le séminaire est ouvert aux étudiants du master (M1 et M2). Les prochaines séances auront lieu le 8 février, le 8 mars, le 12 avril et le 10 mai.


8 février : « Légitimité politique et économies durables »
En conjuguant empiriquement la dimension économique et politique, ce séminaire explorera le champ des régulations économiques dans leur diversité et dans leur mise en pratiques. Ce qu’on appelle la « globalisation néolibérale » s’accompagne d’une extension et de l’élaboration de nouveaux mécanismes de régulation. En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, appréhendées dans une perspective comparative, le séminaire se consacrera à l’étude des pratiques, des logiques et des politiques de définition et mise en œuvre des mécanismes de régulation. Il s’intéressera aux relations sociales, productives, d’échange et de pouvoir qui les soutiennent ou qui en découlent tout comme aux tensions et aux conflits de valeurs et d’intérêt qui apparaissent quand des nouvelles formes de régulation sont négociées et mises en place. Les champs privilégiés seront ceux de la production, de la consommation et des politiques de l’alimentation. Les diverses séances aborderont l’analyse des régimes de temporalité et de pouvoir, les idées de légitimité et de légalité, les nouveaux espaces économiques que ces formes de régulation produisent. À partir de différents cas et contextes, appréhendés dans une perspective comparative, les concepts classiques de l’anthropologie économique seront réinterrogés.


Valeria Siniscalchi, « Conflits, régulation et légitimité politique dans une place de marché »
La réflexion portera sur les diverses définitions d’économie qui s’expriment et s’affrontent dans le Salon du Goût, organisé par le mouvement Slow Food. Le rapport entre plusieurs marchés à l’intérieur d’une même place de marché, les conflits et les formes de régulation mises en place seront au cœur de l’analyse. Les actions de régulation et les tentatives de définir une économie durable deviennent des moyens de légitimation politique.


Birgit Müller, « Bonnes volontés politiques et limites écologiques : le programme ‘hambre zero’ au Nicaragua »
Cette séance analysera dans une perspective sociale et écologique le programme ‘hambre zero’ du gouvernement Nicaraguayen destiné à fonder l’indépendance économique des femmes rurales Nicaraguayennes.


15 mars : La régulation économique des territoires industriels : analyse comparée de trois sites mono-industriels
Laurence Americi (TELEMME), Pierre Fournier (LAMES), Mathieu Leborgne (LAMES) Cesare Mattina (LAMES)


En conjuguant empiriquement la dimension économique et politique, ce séminaire explorera le champ des régulations économiques dans leur diversité et dans leur mise en pratiques. Ce qu’on appelle la « globalisation néolibérale » s’accompagne d’une extension et de l’élaboration de nouveaux mécanismes de régulation. En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, appréhendées dans une perspective comparative, le séminaire se consacrera à l’étude des pratiques, des logiques et des politiques de définition et mise en œuvre des mécanismes de régulation. Il s’intéressera aux relations sociales, productives, d’échange et de pouvoir qui les soutiennent ou qui en découlent tout comme aux tensions et aux conflits de valeurs et d’intérêt qui apparaissent quand des nouvelles formes de régulation sont négociées et mises en place. Les champs privilégiés seront ceux de la production, de la consommation et des politiques de l’alimentation. Les diverses séances aborderont l’analyse des régimes de temporalité et de pouvoir, les idées de légitimité et de légalité, les nouveaux espaces économiques que ces formes de régulation produisent. À partir de différents cas et contextes, appréhendés dans une perspective comparative, les concepts classiques de l’anthropologie économique seront réinterrogés.


17 mai : Pouvoir, marchés et processus de localisation
Richard Wilk (Indiana University, Directeur d’études invitée à l’EHESS) "The Local Food Movement in the USA, and its connection to Food Xenophobia"
Cristina Papa (Università di Perugia) "Politiques de la différence, terroir et soft economy"


En conjuguant empiriquement la dimension économique et politique, ce séminaire explorera le champ des régulations économiques dans leur diversité et dans leur mise en pratiques. Ce qu’on appelle la « globalisation néolibérale » s’accompagne d’une extension et de l’élaboration de nouveaux mécanismes de régulation. En s’appuyant sur des enquêtes récentes ou en cours, appréhendées dans une perspective comparative, le séminaire se consacrera à l’étude des pratiques, des logiques et des politiques de définition et mise en œuvre des mécanismes de régulation. Il s’intéressera aux relations sociales, productives, d’échange et de pouvoir qui les soutiennent ou qui en découlent tout comme aux tensions et aux conflits de valeurs et d’intérêt qui apparaissent quand des nouvelles formes de régulation sont négociées et mises en place. Les champs privilégiés seront ceux de la production, de la consommation et des politiques de l’alimentation. Les diverses séances aborderont l’analyse des régimes de temporalité et de pouvoir, les idées de légitimité et de légalité, les nouveaux espaces économiques que ces formes de régulation produisent. À partir de différents cas et contextes, appréhendés dans une perspective comparative, les concepts classiques de l’anthropologie économique seront réinterrogés.

Le séminaire est ouvert aux étudiants du master (M1 et M2). Les prochaines séances auront lieu le 5 avril (ATTENTION : changement de date) et le 10 mai.