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Soutenance de thèse

par Maryse Cournollet - publié le


Francesca Cozzolino, doctorante de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC), dans l’équipe Anthropologie de l’écriture soutiendra sa thèse intitulée Les peintures murales d’Orgosolo en Sardaigne. Etude anthropologique le 16 décembre 2010 à l’EHESS - salle n° 241 (2e étage) - 54 bd Raspail - Paris 6e.


Le jury de cette thèse est composé de :
Marlène Albert Llorca, Professeur à l’Université de Toulouse le Mirail
Gaetano Ciarcia, Maître de conférence habilité, Université de Montpellier 3
Alain Milon, Professeur à l’Université de Paris 10 – Nanterre
Giovanni Careri, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
Béatrice Fraenkel, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
Gino Satta, Professeur à l’Université de Modena (Italie)


Résumé


Les peintures murales d’Orgosolo en Sardaigne. Étude anthropologique


Cette enquête s’est donnée pour objectif de décrire et analyser le phénomène des « murales » en Sardaigne tout au long de son évolution, de la fin des années 1970 à aujourd’hui. Elle cherche à déterminer l’usage de ces artefacts avant tout dans le village d’Orgosolo - où ce phénomène a vu le jour - à comprendre comment la pratique de la peinture murale a marqué l’histoire et la vie sociale de cette communauté. La dimension anthropologique prime dans ce travail, pour la réalisation duquel nous nous sommes attaché à faire l’ethnographie d’une pratique artistique.


Une thématique historique forte sous-tend ce phénomène depuis ses origines à nos jours que nous avons saisie sur plusieurs registres. Nous avons mis à jour les motifs principaux d’un discours savant ancré dans des enquêtes ethnographiques qui diffuse et construit le mythe d’Orgosolo comme « haut lieu » de la Sardaigne. Nous avons confronté ce discours à des éléments de l’histoire récente. Cette démarche nous a permis de distinguer deux modèles historiques et de saisir l’existence d’une tension entre eux : un modèle savant – « sardiste » et un deuxième internationaliste – militant. La tension entre ces deux modèles est mise en scène dans les fresques d’Orgosolo, aussi bien dans les écrits, que dans les images qui les composent.


L’évolution et la propagation de la peinture murale a entrainé, récemment, l’apparition d’un discours par lequel l’histoire des murales se diffuse et s’affirme comme histoire du village, tout en gardant présente la tension entre les deux modèles repérés.


Nous avons par ailleurs exploré le contexte d’émergence et d’évolution du phénomène, ce qui nous a permis de mettre en évidence la différence d’usage des fresques ainsi que la diversité des intentionnalités des acteurs, qui ont au fur et à mesure construit ce phénomène. Trois moment se distinguent : un premier dans lequel les murales sont utilisés comme outils de contestation puis comme moyens de célébration de cette période contestataire. Un deuxième qui voit les murales devenir les outils d’une action pédagogique visant à faire de l’histoire des murales, l’histoire du village et un troisième, qui est actuellement en cours, dans lequel les murales deviennent l’objet d’une opération de patrimonialisation appuyé sur le développement du marché touristique à Orgosolo.


L’étude met en avant la richesse d’un cas de peinture murale tout à fait singulier, qui se diffuse dans toute l’île et permet de saisir comment ces artefacts sont devenus un bien patrimonial, à la suite, d’une part, d’une adaptation au marché touristique, et de l’autre, d’une opération institutionnelle.


Cette recherche est largement exploratoire et part du constat que les travaux sur la peinture murale dans une perspective anthropologique sont très rares. Elle met à profit différents travaux d’ethnographes portant sur la notion d’exotisme et les enjeux liés au tourisme dans une perspective anthropologique (Satta, 2001 et Ciarcia, 2003), elle s’appuie sur des travaux d’anthropologie de l’écriture (Fraenkel, 1995, 2001 et 2005), ainsi que d’une sociologie de l’art travaillant la notion d’artification ( Shapiro 2004, 2007 et Heinich 2008).


Mots clés : peintures murales, Sardaigne, anthropologie de l’art, anthropologie de l’écriture, patrimonialisation, ethnographie, Orgosolo, tourisme.

Résumé en anglais

Abstract-FCozzolino