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Accueil > L’ Iiac > Archives > Séminaires > Séminaires 2012 - 2013

Histoire et courants de l’anthropologie sociale

Jean-Claude Galey, directeur d’études à l’EHESS (TH), Afrânio Garcia, maître de conférences à l’EHESS (TH), Jean-François Gossiaux, directeur d’études à l’EHESS (TH), Christine Laurière, chargée de recherche au CNRS, Francis Zimmermann, directeur d’études à l’EHESS (*)

par Maryse Cournollet - publié le


Mercredi de 11 h à 13 h (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2012 au 13 février 2013.


Ce séminaire souhaite proposer aux étudiants à la fois une initiation à l’histoire et aux théories de l’anthropologie sociale, et une ouverture sur les traditions anthropologiques étrangères, afin d’élargir leur horizon de connaissance et de les sensibiliser aux débats, aux questions vives qui ont traversé et constitué l’anthropologie en discipline scientifique, par-delà les frontières. Cinq temps rythmeront le séminaire.
Les quatre premières séances, animées par Christine Laurière, reviendront sur les raisons qui motivèrent la constitution de l’anthropologie en champ de savoir nettement délimité à partir du XIXe siècle, et brosseront le tableau comparé de son institutionnalisation et professionnalisation en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en France, en évoquant les figures des pères fondateurs qui façonnèrent une physionomie originale à chaque école anthropologique.


Jean-Claude Galey consacrera deux séances aux continuités, ruptures et influence de l’anthropologie britannique à travers, notamment, les travaux de Reginald Radcliffe-Brown, Edward Evans-Pritchard, Edmund Leach, Victor Turner.
Francis Zimmermann s’intéressera à deux caractéristiques fortes de l’anthropologie nord-américaine, telles qu’elles s’expriment dans ses rapports avec la psychologie et la linguistique :

- Edward Sapir dans les années 1920, entre linguistique et psychanalyse. La linguistique fournit à l’anthropologie américaine ses premiers modèles d’analyse. Mais le culturalisme prend sa source dans la psychologie romantique de langue allemande, de Herder à Freud. L’œuvre d’Edward Sapir s’est développée au point de convergence entre ces deux lignes de pensée : la linguistique culturelle (sur la base de l’hypothèse Sapir-Whorf) et l’école Culture et personnalité.

- L’invention d’une anthropologie de la parole au tournant des années 1970. L’anthropologie linguistique américaine à travers trois de ses inventeurs : John Gumperz (speech communities), Dell Hymes (ethnography of speaking) et Richard Bauman (verbal art as performance).


Jean-François Gossiaux introduira les étudiants aux diverses traditions anthropologiques européennes : l’anthropologie russe et soviétique, tout d’abord, puis l’anthropologie chez soi en Europe avec le courant folklorique français, la Volkskunde allemande, l’école roumaine.


Afrânio Garcia évoquera l’inscription de l’anthropologie au Brésil dans les controverses internationales (1960-2010). Pour comprendre le renouveau de l’anthropologie au Brésil depuis les années 60 et sa projection sur la scène internationale, il convient de considérer les liens entre les controverses scientifiques en Europe et aux Etats–Unis et la réception de certains paradigmes au niveau national, comme celui de l’anthropologie structurale. L’analyse du débat, opposant David Maybury–Lewis à Claude Lévi–Strauss, sur la théorie de la parenté permet d’étudier les innovations conceptuelles et méthodologiques à la lumière des évidences ethnographiques connues, et de voir le lien entre cette controverse et l’institutionnalisation de l’enseignement doctoral au Brésil, qui a ouvert la voie à une professionnalisation sur une vaste échelle. Le prolongement du débat a entraîné la mise en place d’un réseau de recherche transnational à partir de l’Université de Harvard et la création d’une formation doctorale au sein du Musée National à Rio et à l’Université de Brasilia, permettant de changer les modes de recrutement des nouvelles générations de chercheurs. L’enquête ethnographique concernant les groupes amérindiens de l’Amazonie et du Centre–Ouest du pays a connu un essor sans précédent et les problématiques et les méthodes de terrain caractéristiques de la discipline ont été appliquées à d’autres objets, comme l’anthropologie de la paysannerie, l’anthropologie urbaine ou des religions. La signification attribuée au mot anthropologie et au métier d’anthropologue s’est altérée. La première séance sera consacrée à analyser l’enquête de terrain menée par Lévi–Strauss dans les années 30 et son rapport à l’anthropologie structurale, ainsi que la polémique ouverte par Maybury-Lewis à propos de la théorie de la parenté. La seconde passera en revue les controverses récentes sur les groupes indigènes au Brésil, et l’élargissement des terrains abordés par les anthropologues, comme l’étude des paysanneries, des rites nationaux (carnaval, etc.), de la concurrence entre pratiques religieuses et des modes de vie en milieu urbain.


La validation du séminaire se fera par une fiche de lecture d’un ouvrage choisi dans une liste ultérieurement disponible.


Ce séminaire est accessible sur la plateforme d’enseignement de l’Environnement numérique de travail de l’EHESS : https://ent.aria.ehess.fr/uPortal/render.userLayoutRootNode.uP

Mots-clés : Anthropologie,

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

- Ethnologie et anthropologie sociale
(Tronc commun M1S1 )

Intitulés généraux :
Jean-Claude Galey- Anthropologie sociale de l’Inde et du monde indien
Afrânio Garcia- Anthropologie Politique du Brésil
Jean-François Gossiaux- Anthropologie des espaces politiques
Francis Zimmermann- Anthropologie et histoire des sciences dans le monde indien

Niveau requis : ce séminaire est obligatoire pour tous les étudiants de M1 en anthropologie.

Adresse(s) électronique(s) de contact  : anthropologie(at)ehess.fr, christine.lauriere(at)wanadoo.fr