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Accueil > L’ Iiac > Archives > Séminaires > Séminaires 2012 - 2013

Filmer le champ social

Daniel Friedmann, chargé de recherche au CNRS, Monique Peyriere, chercheure associée IIAC-CEM

par Maryse Cournollet - publié le


2e mercredi du mois de 15 h à 17 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2012 au 12 juin 2013.


Le séminaire de 2012–2013 analysera et mettra en confrontation des séquences de films documentaires dans une perspective de sociologie filmique.
Selon les mots d’Edgar Morin le cinéma reflète le commerce mental de l’homme avec le monde : derrière la caméra, navigatrice du temps et de l’espace, s’écarte à l’infini le double sillage de la vie et du rêve. Pour explorer cet entre-deux, le séminaire prendra pour thématique les relations intergénérationnelles. Ainsi, en présentant des séquences de films intéressés par les trajectoires sociales, spatio-temporelles (parfois migratoires ) et par les parcours affectifs des individus filmés, il s’agira d’analyser les potentialités du langage filmique à capter et à faire apparaître l’ensemble complexe des désirs et les stratégies de construction, de transmission, de reproduction et de changement des identités personnelles, culturelles et collectives.

Programme  :

Séance du 14 novembre 2012 : "Que sont Les Inconnus devenus ?"
Présentation d’extraits des films suivants :

- Les Inconnus de la Terre 1961, prod. Argos Films. Réalisation : Mario Ruspoli

- Traces, 2012, 59’ Prod. CNRS Images ; En présence des réalisateurs. Film de Françoise-Eugénie Petit, Jean-Christophe Monferran et Martin de la Soudière. Réalisation : Jean Christophe Montferran 1961.


En Lozère, le cinéaste italien Mario Ruspoli tourne Les inconnus de la terre. Film sur les paysans de ce département, et au-delà, sur les déshérités, sur l’homme isolé, comme le dit lui-même Ruspoli, Les Inconnus de la Terre et Regards sur la folie (autre film de Ruspoli) participent avec d’autres documentaires contemporains (Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin ou encore le Joli Mai de Chris Marker), au surgissement d’une nouvelle approche de la réalité filmée.


Cinquante ans après, Jean-Christophe Monferran (réalisateur au IIAC, Institut interdisciplinaire de recherche sur l’anthropologie du contemporain – CNRS/EHESS), Françoise-Eugénie Petit (INRA) et Martin de la Soudière (Centre Edgar Morin, EHESS), chercheurs familiers de ces terrains, retournent sur les lieux-même du tournage, pour tenter de retrouver les « acteurs » de jadis. Une quête-enquête qui interroge notre filiation aux images...
Traces sera projeté dans son intégralité le vendredi 30 Novembre à 18 h, à l’EHESS, amphi du 105 bd Raspail.


Le séminaire est ouvert aux étudiants inscrits en master ainsi qu’à toute personne qui dans ses réflexions et ses recherches en sciences humaines et sociales souhaite interroger une approche du réel à partir de films documentaires.

Séance du 12 décembre 2012  : extraits des films documentaires

- Etreintes, (Ni tsutsumarete), Japon, 1992 de Naomi Kawase. Naomi Kawase a été élevée par le couple qui l’a adoptée, son grand-oncle et sa grand-tante. A 23 ans elle décide de partir à la recherche de son père qu’elle ne connait pratiquement pas.

- Toi qui m’as vu petite, France, 1999, de Agnès Bert. Que provoque chez une fille le lifting de sa mère ? Pour la réalisatrice, il représente le symptôme de leur relation tronquée, confuse, opaque. Elle va donc interroger ce pouvoir qu’a sa mère de fabriquer des images et des contes, ce pouvoir qui, depuis toujours, fait écran à la "vraie vie". En présence de la réalisatrice.

Séance du 9 janvier 2013 : Quand les fils filment leur mère, avec des extraits des films documentaires

- Vivre chez Rothschild, 2003, Production CNRS, 66’, réalisation : Daniel Friedmann. Instants de vie de résidents de la maison de retraite de la Fondation Rothschild située dans le 12e arrondissement de Paris. Daniel Friedmann, sociologue, filme sa mère et d’autres résidents de cette grande maison de retraite tout en conversant avec eux, et capte des moments privilégiés ou non de leurs journées.

- Mme Veuve Isoppo, 1981, Production INA/ Jean-Denis Bonan, 26’, realisation Daniel Isoppo. « Mme veuve Isoppo, ma mère, fait le récit de son histoire d’amour avec M. Isoppo, mon père. »

En présence des réalisateurs.

Séance du 13 février :Expériences en psychiatrie et expérimentations filmiques : filmer le lieu, les pensionnaires et leur singularité


Avec des extraits de films documentaires et en présence de Nazim Djemaï et de Geneviève Carles

1- Regard sur la folie, (48’- 1961)
Réalisateur Mario Ruspoli


Mario Ruspoli a su capter ce moment inaugural de la psychothérapie institutionnelle dans ses dimensions politiques et historiques. Tout comme Tosquelles met en cause la psychiatrie, Ruspoli veut expérimenter un nouveau cinéma. Ils partagent une même éthique qui restaure la parole comme lieu de vérité, dans une non-hiérarchie de filmants-filmés, soignants-soignés, dans une présence et une attente réceptive.

2- A peine ombre (86’-2012)
Prix Georges de Beauregard du FID 2012 ( Festival International du Documentaire de Marseille )
Réalisateur Nazim Djemaï
Prise de son : Geneviève Carles


“à peine ombre” est un documentaire réalisé en 2012 à la clinique psychiatrique de la Borde, célèbre pour le choix fait par son fondateur, le docteur Jean Oury, en 1953, d’y remettre radicalement en cause la pratique psychiatrique, les rapports et la hiérarchie de l’accès au savoir entre patients et soignants. Pour décrire ce paysage rare, fait de lieux autant que d’êtres, Nazim Djemaï déroule simplement une suite de portraits, longues séquences en plans fixes, chaque protagoniste décidant de l’endroit où il souhaite s’exprimer. Dans cette succession de discours, du flux de paroles jusqu’au mutisme, de pensionnaires et de membres de l’équipe de soin, la surprise, l’émotion, la gravité, le comique parfois aussi, singularisent autant chacun d’eux « devant les hautes solitude de la maladie » (N. Djemaï) que la distribution des rôles attendue en est perturbée.". (Jean-Pierre Rehm, (délégué général du FID)

En présence de l’équipe de réalisation du film

Séance du 13 mars


Cinéma engagé : d’une génération à l’autre, de Sochaux à Gerland, les cinéastes filment l’écho des mémoires perdues
Avec des extraits de films documentaires et en présence de Jeremy Gravayat


1- Le Lion sa cage et ses ailes, (1975-1976), extraits de Arakha, film marocain


8 films d’Armand Gatti, tournage et montage Hélène Chatelain et Stéphane Gatti, vidéo couleur, DVD Editions Montparnasse
Série de 8 films, réalisée avec les travailleurs migrants du pays de Montbéliard, à l’époque seconde ville ouvrière de France et lieu d’implantation des usines Peugeot où des milliers de travailleurs immigrés de différentes origines sont venus pour y trouver un emploi suite aux problèmes politiques et économiques de leurs pays respectifs. "Imaginez un film conçu pour être celui des ouvriers immigrés. Pas un film sur, ni seulement pour, un film bien sûr avec, mais plus profondément selon les ouvriers. Imaginez un film dont la perspective ne consiste pas à assigner des identités et confirmer
des découpages sociaux, mais à affirmer des singularités : opinions, croyances, sentiments, présences à soi-même et aux autres...le Lion, sa cage et ses ailes représente à l’histoire de l’enregistrement magnétique ce que les films des Groupes Medvedkine représentent à l’histoire du cinéma argentique..."(Nicole Brenez)

2- Les Hommes debout (2010)
Prix spécial du jury du Festival Filmer le travail 2011.
Réalisateur Jérémy Gravayat


Dans le quartier ouvrier de Gerland, à Lyon, les dernières usines attendent la démolition..


« Traverser les ruines de l’usine, se souvenir des gestes répétés. Entendre les voix des ouvriers rassemblés dans la cour et le silence des machines arrêtées.
Parcourir la ville dans la boue des chantiers, partir à la recherche d’un travail. Frapper la pierre et la brique, regarder les choses lentement
s’effondrer. Repérer les lieux, s’y introduire, changer les serrures et raccorder l’électricité. Se rassembler dans la nuit, allumer un feu, construire de nouveaux abris. Raconter toujours la même histoire : celle qui fait tenir les hommes debout. » (Jeremy Gravayat)

En présence du réalisateur

Séance du 10 avril


Espagne 1937 - France 2012  :
Filmer l’espoir malgré la guerre (L’Espagne républicaine en guerre, filmée par Joris Ivens)
Filmer l’exil après l’exode (quelles mémoires pour les descendants des réfugiés ?)


Avec des extraits de films documentaires et en présence de Marceline Loridan-Ivens

1 - Terre d’Espagne, (51’- 1937)
Réalisateur Joris Ivens
Commentaire dit par Ernest Hemingway


Ce film a été tourné en mars et mai 1937, à l’initiative d’un groupe d’intellectuels américains pour soutenir la république espagnole.
Soldats et paysans sont associés dans un combat contre l’oppression et une nature hostile.

2- Mémoires de la Retirada (35’-2012)


Un film écrit par Véronique Moulinié et Sylvie Sagnes (chercheuses au Lahic-IIAC/EHESS-CNRS), réalisé par Marie Chevais et produit par CNRS Images


En 1939, la guerre d’Espagne a entraîné le départ de milliers de réfugiés républicains franchissant la frontière des Pyrénées vers la France. C’est la Retirada. 70 ans après, les descendants, enfants ou petits-enfants des acteurs de cette histoire, en portent la mémoire aussi bien dans l’intimité familiale que dans l’espace public. D’une génération à l’autre, les contours et le contenu de cette mémoire changent. Attentif à ces variations, ce film propose une analyse de la mémoire de l’exode des républicains espagnols de 1939, telle qu’elle se construit aujourd’hui, dans le sud-ouest de la France…
En présence de membres de l’équipe de réalisation du film

* A l’attention des participants du séminaire :


Le film A peine ombre de Nazim Djemaî, présenté lors du séminaire consacré aux expériences filmiques menées en milieu psychiatrique,
sera projeté au cinema Action Christine (75006) le Mardi 9 Avril à 20h30.

Séance du 15 mai - exceptionnellement en salle 1
Filmer la mémoire d’un lieu  :
avec des extraits des films documentaires
1- Bellevue dernière Séance , 2011
Réalisateur : Abraham Cohen


"Bellevue dernière Séance" est l’histoire d’un lieu, d’enfants malades, de familles en souffrance, mon histoire. Bellevue est un centre pour enfants asthmatiques et obèses principalement, dans lequel j’ai moi-même effectué plusieurs séjours. Ce lieu ne m’a jamais quitté.
En présence du réalisateur.

2- La Friche, 2012
Réalisatrice : Magali Roucaut


Une friche dans le haut du Xème arrondissement de Paris, isolée dureste de la ville par de hautes palissades. A l’intérieur, des plantes sauvages et des traces d’activités passées qui semblent appartenir à un autre temps. Bientôt un jardin public, le repos, le loisir. « A partir des souvenirs de ceux qui ont vécu et travaillé là, j’ai cherché à déchiffrer ces traces et à reconstruire leur lieu ».
En présence de la réalisatrice.

Mots-clés : Cinéma, Image, Sociologie, Visuel,

Aires culturelles : Contemporain (anthropologie du, monde), France,

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (12 h = 3 ECTS)

Mentions & spécialités :

- Sociologie générale
(Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

- Pratique de l’interdisciplinarité en sciences humaines et sociales
(Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Intitulés généraux :
Centre : IIAC-CEM - Centre Edgar Morin

Renseignements : il est ouvert aux étudiants inscrits en master ainsi qu’à toute personne qui dans ses réflexions et ses recherches en sciences humaines et sociales souhaite interroger une approche du réel à partir de films documentaires.

Direction de travaux d’étudiants : Daniel Friedmann, après les séances de séminaire et sur rendez-vous.

Réception  : Daniel Friedmann, par courriel ou par tél. : 06 80 27 58 35, Monique Peyrière par courriel ou par tél. : 06 13 02 52 09.

Niveau requis : master.

Adresse(s) électronique(s) de contact  : friedman(at)ehess.fr, monique.peyriere(at)ehess.fr