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Prochaine édition : JD IIAC 2013

par Jade Legrand - publié le



« Refaire le(s) monde(s) : espaces et temps du contemporain »


Les journées doctorales 2013 de l’IIAC se proposent d’explorer les expériences des jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales à la lumière des transformations qui, dans les mondes contemporains, affectent tant les objets et les méthodologies d’enquête que le contexte académique dans lequel ils s’inscrivent. Au croisement entre la complexité de ces mondes, les réélaborations des cadres théoriques et épistémologiques de nos disciplines et les reconfigurations des cadres institutionnels, il nous intéresse d’interroger la façon dont nous contribuons à bâtir et à redéfinir nos disciplines respectives, nos champs d’actions et nos ambitions scientifiques.


À travers l’expression « refaire le(s) monde(s) », nous invitons les doctorants à une réflexion stimulante et ouverte. Ces termes nous semblent bien évoquer les questionnements ici proposés : d’un côté, la tension entre le caractère éphémère et la densité des réalités contemporaines, avec la diversité et la richesse des imaginaires et des cosmologies qui les traversent et que les gens ne cessent de recréer. De l’autre, la dimension du défi intellectuel, de l’exploration et de l’expérimentation dans les travaux des jeunes chercheurs, qui ne cessent de refaire leurs disciplines et qui rêvent, parfois, de « refaire le monde », que ce soit par empathie, par curiosité, fascination ou par engagement. Ces problématiques seront questionnées au prisme de deux dimensions, les espaces et les temps du contemporain, que nous envisageons comme clés d’accès à la contemporanéité en vertu de leur potentiel heuristique et descriptif.

Cet événement est en étroite collaboration avec PhotoiiAC 2013.


Le comité d’organisation

Contact : refairedesmondes chez gmail.com

Appel à communication détaillé ci-dessous


Modalités de participation


Les propositions devront indiquer un titre, le nom de l’auteur et son rattachement institutionnel, puis un résumé de la communication, qui ne devra pas dépasser les 400 mots ou les 3000 caractères. Les réponses à cet appel devront être envoyées avant le 31 juillet 2013 à l’adresse e-mail : refairedesmondes chez gmail.com. Les auteurs seront avertis du choix du comité scientifique entre le 30 août et le 15 septembre 2013.



« Refaire le(s) monde(s) : espaces et temps du contemporain »



4e journées doctorales de l’Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain Bâtiment « Le France » - 190 avenue de France, Paris 13e, les 10, 11 et 12 décembre 2013



Les journées doctorales 2013 de l’IIAC se proposent d’explorer les expériences des jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales à la lumière des transformations qui, dans les mondes contemporains, affectent tant les objets et les méthodologies d’enquête que le contexte académique dans lequel ils s’inscrivent. Au croisement entre la complexité de ces mondes, les réélaborations des cadres théoriques et épistémologiques de nos disciplines et les reconfigurations des cadres institutionnels, il nous intéresse d’interroger la façon dont nous contribuons à bâtir et à redéfinir nos disciplines respectives, nos champs d’actions et nos ambitions scientifiques. À travers l’expression « refaire le(s) monde(s) », nous invitons les doctorants à une réflexion stimulante et ouverte. Ces termes nous semblent bien évoquer les questionnements ici proposés : d’un côté, la tension entre le caractère éphémère et la densité des réalités contemporaines, avec la diversité et la richesse des imaginaires et des cosmologies qui les traversent et que les gens ne cessent de recréer. De l’autre, la dimension du défi intellectuel, de l’exploration et de l’expérimentation dans les travaux des jeunes chercheurs, qui ne cessent de refaire leurs disciplines et qui rêvent, parfois, de « refaire le monde », que ce soit par empathie, par curiosité, fascination ou par engagement. Ces problématiques seront questionnées au prisme de deux dimensions, les espaces et les temps du contemporain, que nous envisageons comme clés d’accès à la contemporanéité en vertu de leur potentiel heuristique et descriptif. En effet, dès le début des années quatre-vingt-dix, le contemporain s’impose en tant qu’objet à part entière. Face à l’altérité relativisée par le rétrécissement de la planète et l’accélération de l’histoire, l’ethnologue Marc Augé invite à réfléchir sur les conceptions des relations symboliques aux « autres » qui, proches ou éloignés, partagent désormais la même historicité (Augé, 1994). Ces constats interrogent directement la pratique ethnographique : si, avec la conception structuraliste de l’anthropologie, le terrain était considéré comme un élément subordonné à la réflexion en tant qu’étude de cas, il est désormais réévalué comme expérience constitutive du travail anthropologique. Ainsi, de ces questionnements, il ressort que ce qui distingue l’anthropologie réside moins dans l’objet étudié, que dans la méthode qu’elle met en place (Gupta & Ferguson, 1997). Aujourd’hui les jeunes chercheurs se situent dans une configuration particulière des sciences humaines et sociales, où les terrains se fragmentent et les frontières entre les disciplines des sciences sociales deviennent mobiles. C’est justement dans cette perspective de la pluridisciplinarité que l’anthropologie s’est réinventée une identité, plutôt qu’en puisant dans son histoire disciplinaire (Marcus, 2002). Face au « désenchantement du monde » et au relativisme postmoderniste, le projet scientifique renouvelé de l’anthropologie a ainsi fourni des approches alternatives ; il a encouragé et permis d’investir de nouveaux terrains pour observer et décrire, dans des contextes socioculturels plus ou moins éloignés pour l’enquêteur, « la pluralité, l’identité et l’altérité » au tournant du XXe au XXIe siècle. L’anthropologie du contemporain se révèle aujourd’hui indispensable pour penser les évolutions de la discipline, les ruptures et les continuités entre différents moments de son histoire, comme pour élaborer de nouveaux concepts et expérimenter de nouvelles pratiques de recherche (Rabinow, 2007 ; Rabinow & Marcus, 2008).


À la lumière des nombreuses réflexions ouvertes par les travaux sur les espaces et les temps dans les mondes contemporains, nous allons interroger les pratiques ethnographiques autour de trois axes interconnectés :

1. (Re)construire les objets de recherche

2. (Re)penser les méthodes et les postures

3. (Re)formuler la recherche dans le contexte académique actuel

1. (Re)construire les objets de recherche


Le premier axe interroge les (re)constructions des objets de recherche dans les mondes contemporains, en invitant les doctorants à prendre conscience des nouveaux espaces et temps pour ensuite s’approprier leurs enjeux. Comment ces deux dimensions émergent-elles au cours de l’élaboration de l’objet et en quoi sont-elles constitutives et indissociables de l’expérience des terrains d’enquête et de leur restitution ? Comment et pourquoi de jeunes chercheurs se lancent-ils dans la construction de leurs objets et plus généralement dans ce genre de parcours, faisant le choix d’une discipline et de procédés d’enquête ? Les espaces et les temps paraissent en effet deux dimensions fondamentales pour saisir les paysages culturels, sociaux et politiques actuels. Dans l’articulation entre le local et le global, caractéristique du contemporain, comment se (re)construisent les modalités d’appréhension individuelles et collectives de ces deux dimensions ? Les 4e journées doctorales de l’IIAC souhaitent recevoir des contributions qui envisagent, au-delà de l’accélération et de la multiplicité des temps (Ricœur, 1983 ; 2000), les différents régimes d’historicité (Hartog, 2003) et les nouveaux agencements du temps (séminaire Tram, 2012-2013). De même, plus que la pluralité des espaces du contemporain, les propositions devront considérer les relations aux lieux, aux environnements et aux territoires (Agier, 2008 ; Althabe, 1993 ; Augé, 2011), comme les mécanismes de ces relations (Gupta, 1992 ; Marcus & Rabinow, 2008).


2. (Re)penser les méthodes et les postures



Le deuxième axe porte sur les méthodologies et les pratiques mobilisées pour explorer les espaces et les temps du contemporain. À la lumière des processus d’intégration et d’interconnexion et du rapport particulier que les réalités locales entretiennent avec les phénomènes de globalisation (Abélès, 2008), nous voudrions questionner les doctorants sur les façons de travailler sur ces aspects dans la pratique ethnographique. De quelle manière peut-on mener une recherche dans des espaces et des temps discontinus et fragmentés ? Comment délimiter son propre terrain dans des lieux qui ne sont pas circonscrits (institutions, ONG, associations) ? Les ethnographies multi-situées (ou para-sites ethnographies), les recherches comparatives, les processus de recomposition des lieux et des temps d’enquête traditionnels, ainsi que les jeux d’échelle représentent des réponses à ces défis épistémologiques. Comment ces nouveaux paradigmes construisent-ils leur propre légitimation par rapport à d’autres projets inspirés des modèles traditionnels ? Quelles sont les postures et les impostures adoptées par les chercheurs pour réaliser leurs attentes ? La « globalisation électronique » (Sloterdijk, 2006) et la constitution hyper-communicative du système mondial posent les bases pour une recherche « en temps réels » et une nouvelle configuration, épistémologique et méthodologique, du concept de terrain. De quelle manière ces nouveaux outils (internet, les médias, les blogs) se constituent-ils en objets de recherche ? Comment, inversement, influencent-ils nos démarches avant, pendant et après le terrain ? Comment prendre en compte ces temps du contemporain : l’anachronisme contrôlé (Loraux, 1993) et le décalage (Agamben, 2008) seraient-ils des outils ? La voix monologique de l’ethnologue (Geertz, 1986) est devenue moins autoritaire. On assiste alors à des expériences de co-écriture et d’anthropologie collaborative qui mettent en avant l’aspect dialogique de la rencontre ethnographique. Est-ce qu’elles sont, comme certains auteurs le soutiennent, une panacée aux problèmes éthiques et le passage de l’idée de restitution à celle de « collaboration transculturelle » ? (Field, 2008 ; Fluehr-Lobban, 2008 ; Lassiter, 2005). Ou bien, quel genre d’épreuves inédites déclenchent-elles encore pour notre discipline ?



3. (Re)formuler la recherche dans le contexte académique actuel


Les journées doctorales visent, enfin, à interroger les évolutions du contexte académique actuel et des modalités de la recherche doctorale, telles que nous les connaissons aujourd’hui. Si les doctorants ont affaire à des terrains de plus en plus morcelés dans le temps et dans l’espace, ils sont également confrontés à la fragmentation et à la précarisation des périodes d’enquête en fonction des possibilités de financement. Ainsi, à l’heure du système LMD et de la rationalisation des temps de recherche, quelle est l’expérience des doctorants dans la construction et la réalisation d’un projet scientifique ? Ce nouveau système est-il compatible avec les réalités du terrain ? Il nous intéresse aussi de questionner les façons à travers lesquelles des jeunes docteurs investissent de nouveaux espaces de réflexion, de communication et d’action, redessinant ainsi le rôle et la place des sciences humaines et sociales au sein de nos sociétés. Toutes ces questions nous renvoient inévitablement aux postures épistémologiques et intellectuelles du doctorant dans le cadre de son propre parcours académique et à sa façon de contribuer au développement et au renouvellement de sa discipline. Si les jeunes chercheurs reconstruisent leurs objets, repensent leurs méthodes et leurs postures, comment reformulent-ils le(s) monde(s) de la recherche, leur(s) visage(s) et leurs modalités de participation, dans la polyphonie et dans la démocratisation des débats contemporains ?


Une bibliographie indicative et des informations complémentaires sont disponibles sur : http://calenda.org/251837