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Le cercueil de Queequeg. Mission Dakar-Djibouti, mai 1931 - février 1933.

par Boillon - publié le

Jean Jamin. Les Carnets de Bérose, 2, Lahic / DPRPS-Direction des patrimoines, 2014.

Organisée par l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris et par le Muséum national d’histoire naturelle, la mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti (1931-1933) occupe une position ambiguë dans l’histoire de l’anthropologie : elle inaugure officiellement l’ère des grandes enquêtes de terrain de l’ethnologie française en même temps qu’elle clôt celle des grandes expéditions ethnographiques et naturalistes que les nations colonisatrices d’Europe occidentale avaient suscitées avant la Première Guerre mondiale. À ce titre, elle accuse le retard que, par rapport à ces nations, la France a pris dans le domaine des recherches ethnologiques de terrain, retard que Marcel Mauss avait déjà signalé en 1913 – mais en vain – et qui ne justifie guère la spectacularisation parfois exagérée que connut cette mission avant son départ en mai 1931. Ou, au contraire, elle la justifie pleinement puisqu’il s’agit d’une mission de « rattrapage » et, dans la foulée de l’Exposition coloniale internationale de Paris inaugurée en mai 1931, de se hausser, pour le gouvernement français qui va l’encadrer et la financer, au niveau des autres grandes puissances occidentales, fût-ce à coups de publicité, d’annonces, d’interviews, d’expositions et autres manifestations publiques, jusques et y compris un combat de boxe donné au bénéfice de la mission Dakar-Djibouti avant son départ. Cette position paradoxale n’est cependant pas la seule qu’on peut relever à propos de cette mission, dont les avancées méthodologiques et théoriques ne seront guère à la hauteur de l’important « butin muséographique » qu’elle rapporta au Musée d’ethnographie du Trocadéro, ancêtre du musée de l’Homme.

Cet ouvrage est le second volume des Carnets de Bérose, une collection éditée électroniquement par le Lahic et le département du Pilotage de la recherche et de la politique scientifique de la Direction générale des patrimoines (ministère de la Culture).

Jean JAMIN est anthropologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), fondateur, avec Michel Leiris, de la revue Gradhiva, directeur de L’Homme, revue française d’anthropologie, créée par Claude Lévi-Strauss en 1961, où il a succédé à Jean Pouillon. Ses récentes publications portent sur l’anthropologie de la musique – Une anthropologie du jazz, ouvrage écrit en collaboration avec Patrick Williams (Paris, CNRS Éditions, 2012) – et sur l’anthropologie de la littérature en prenant pour exemple et « terrain » d’analyse l’œuvre romanesque de William Faulkner : Faulkner. Le nom, le sol et le sang (Paris, CNRS Éditions, 2011).

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