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Un destin contrarié. La mission Rivière-Tillion dans l’Aurès (1935-1936)

par Boillon - publié le

Mandatées pour réaliser une enquête sur l’Aurès et ses habitants par l’International Society of African Languages and Cultures de Londres et l’Institut d’ethnologie de Paris, alors dirigé par Lucien Lévy-Bruhl, Marcel Mauss et Paul Rivet, Thérèse Rivière et Germaine Tillion rejoignent le massif de l’Ahmar Khaddou et le pays chaouïa en janvier 1935. Elles y resteront deux ans. Nombre des matériaux recueillis lors de cette première mission ethnographique dans l’Aurès étaient demeurés inaccessibles jusqu’à leur redécouverte en 2006. Certains sont cependant définitivement perdus ; Th. Rivière et G. Tillion, pour des raisons différentes, la maladie pour l’une et la déportation pour l’autre, n’auront pu mener leurs recherches à terme.
L’analyse de ces archives – plusieurs milliers de photographies, carnets de terrain et de dessins, correspondance, rapports de mission – révèle comment, tout en répondant aux exigences de leurs tutelles qui leur demandaient d’investir des domaines aussi différents que l’anthropologie physique, la botanique, la zoologie, l’archéologie ou la sociologie, les deux jeunes femmes affrontent cette première expérience du terrain et de la pratique ethnographique. La rencontre avec les Chaouïa, marquée par un engagement affectif intense, conduit Th. Rivière à l’illusion d’une possible immersion dans leur culture dont ses photographies gardent la trace. Elle porte en revanche G. Tillion, fidèle à l’idéal d’une Algérie française, à une réflexion d’ordre politique.

Cet ouvrage est le sixième volume des Carnets de Bérose, une collection éditée électroniquement par le Lahic et le département du Pilotage de la recherche et de la politique scientifique de la Direction générale des patrimoines (ministère de la Culture). Il fait partie d’une série consacrée aux missions, enquêtes et terrains des années 1930.

Michèle COQUET est chercheur au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (LAHIC) et de l’Institut Interdisciplinaire de l’Anthropologie du Contemporain (IIAC). En tant qu’africaniste, elle a étudié la fonction et l’usage des représentations figurées dans des sociétés à tradition orale, leur rôle dans l’apprentissage et la transmission des connaissances, ce que leur morphologie révèle de conceptions du monde sensible, les rapports entre image et récit. Dans une perspective comparative, ses travaux ont également associé à la réflexion anthropologique des préoccupations relevant de l’histoire des arts du monde occidental et porté sur certaines notions au fondement de notre propre théorie de l’image, comme celles de ressemblance iconique, de modèle, d’effet spéculaire… Elle s’intéresse actuellement à la relation entre expérience sensible et savoir-faire et aux procédés créateurs. Elle est l’auteur de Textiles africains (1993), Arts de cour en Afrique noire (1996), Arts primitifs, arts populaires, arts savants (2007). Elle a dirigé Cultures à l’œuvre – Rencontres en art (2005, avec B. Derlon et M. Jeudy-Ballini) et Enfances – Pratiques, croyances et inventions (2013, avec Cl. Macherel).

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