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UNESCO frictions-heritage-making across global governance- ANR 2014-2018

par Marion Dupuis - publié le

Frictions à l’UNESCO : Fabriquer du patrimoine en régime de gouvernance globale - Agence Nationale de la Recherche - 2014-2018.

Coordinatrice du projet : Chiara Bortolotto

Ce projet explore les politiques du patrimoine culturel à l’ère de la gouvernance globale, en se penchant en particulier sur son domaine le plus récent et le plus débattu, celui du patrimoine culturel immatériel (PCI), et sur son principe central et controversé, à savoir la « participation » des « communautés » à l’identification et à la sélection du patrimoine.

En suivant la vie sociale de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dès débats diplomatiques dans les salles de réunion de l’Unesco à la mise en œuvre de projets patrimoniaux à l’échelle locale, ce projet étudie la chaîne politique qui relie l’arène internationale où les standards sont négociés, les institutions nationales du patrimoine qui procèdent à leur adaptation, et les programmes locaux auxquels ils donnent lieu dans trois pays (Grèce, Brésil et Chine) choisis comme études de cas en fonction de la diversité de leurs régimes patrimoniaux nationaux.

Explorer ethnographiquement la complexité de la gouvernance globale permet d’observer empiriquement, en les mettant en évidence, les interactions de réseaux d’acteurs à travers une multiplicité d’échelles, permettant ainsi une analyse qui dépasse l’opposition simpliste entre « norme globale » et « réactions locales ». Pour suivre les traductions successives d’un standard international, le projet se concentre sur les coulisses de la confrontation entre ces différents régimes patrimoniaux et explore les controverses qui naissent de leurs interprétations respectives du changement participatif introduit par la convention de l’Unesco.

L’expertise ethnologique se rapportant au champ du PCI, nous négocions notre entrée dans ces zones de contact par un engagement dans la mise en œuvre de cette politique en tant qu’acteurs dans le processus même que nous observons. Cette association originale d’une enquête multi-échelle et comparative et d’une démarche collaborative introduit de nouveaux développements dans la conception du terrain et dans la pratique ethnographique. Une analyse réflexive de l’entente entre chercheurs et sujets de la recherche a le potentiel de combler l’écart entre théorie et pratique dans le domaine du patrimoine et, en dernière instance, interroge le rôle de l’anthropologue dans la société.