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Afro-patrimoines. Culture afro-brésilienne et dynamiques patrimoniales

par voisenat - publié le

Stefania Capone et Mariana Ramos de Morais (dirs.).
Les Carnets du Lahic 11, Lahic / DPRPS-Direction générale des patrimoines, 2015.


Ce volume propose un état des lieux des recherches menées au Brésil sur les processus de patrimonialisation de la « culture afro- brésilienne » concernant, entre autres, les religions afro-brésiliennes, les manifestations liées au catholicisme noir (tambor de crioula, jongo), la cuisine afro-brésilienne liée au candomblé et les « territoires noirs » (communautés remanescentes de quilombos, quilombos urbains), ainsi que leur impact sur la mise en tourisme de la mémoire de l’esclavage à Rio de Janeiro et sur le tourisme ethnique ou « des racines » à Cachoeira (Bahia). Son ambition est de montrer la diversité des dynamiques patrimoniales qui sous-tendent la création d’un patrimoine culturel afro-brésilien, tout en la reliant à une réflexion plus large sur les dispositifs patrimoniaux au niveau global.

Le Brésil constitue un cas exemplaire de la complexité du dispositif patrimonial, qui inclut différents niveaux de patrimonialisation (municipalités, États, Gouvernement fédéral, instances internationales). Dans le cas du patrimoine culturel afro-brésilien, les deux modalités de sauvegarde – biens matériels et immatériels – s’articulent, montrant souvent les limites et les tensions inhérentes aux processus de patrimonialisation, directement influencés par les politiques raciales en vigueur.

Ce numéro veut être une première contribution à une anthropologie globale des phénomènes patrimoniaux, dans laquelle on pourrait appréhender les variations du dispositif patrimonial et ses écarts par rapport au modèle occidental. Dans le cas brésilien, ce patrimoine « afro-brésilien » n’est plus simplement lié à l’État-nation, mais est aussi mis à la disposition d’un public international afro-descendant qui épouse les contours de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Atlantique noir. Il s’agit donc d’un patrimoine « global » qui dépasse les limites nationales, tout en propageant souvent ses propres « narrations nationales », issues des processus historiques qui ont fondé le Monde Atlantique.

Cet ouvrage est le onzième volume des Carnets du Lahic, une collection éditée électroniquement par le Lahic et le département du Pilotage de la recherche et de la politique scientifique de la Direction générale des patrimoines (ministère de la Culture).

Stefania CAPONE est anthropologue, Directrice de recherche au CNRS, membre fondateur du Centre d’Études de Sciences Sociales du Religieux (CéSor, EHESS) et membre associé du LAHIC. Spécialiste des religions afro-américaines, elle est l’auteur, entre autres, de La quête de l’Afrique dans le candomblé : pouvoir et tradition au Brésil (Karthala, 1999 ; Brésil, Pallas/Contracapa, 2004 ; États-Unis, Duke University Press, 2010) et de Les Yoruba du Nouveau Monde : religion, ethnicité et nationalisme noir aux États-Unis (Karthala, 2005 ; Brésil, Pallas, 2011).

Mariana RAMOS de MORAIS est docteur en sciences sociales de la Pontifícia Universidade Católica de Minas Gerais (PUC, Minas). Elle s’intéresse aux processus de patrimonialisation des religions afro-brésiliennes et leurs insertions dans l’espace publique. Elle est l’auteur de Nas teias do sagrado : registros da religiosidade afro-brasileira em Belo Horizonte (Espaço Ampliar, 2010) et de Banda de cá, banda de lá :Umbanda para crianças (2012).