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Greani Nora

par Nadine Boillon - publié le

Anthropologue

Née le 03/08/85 à Nice

Contact : nora.greani chez gmail.com

SITUATION ACTUELLE

• Docteure de l’EHESS en Anthropologie sociale et culturelle depuis 2013

• Qualifiée à la fonction de Maître de conférences en section 20 (Anthropologie)

• Chercheuse post-doctorante au Laboratoire d’excellence« Création, Arts et Patrimoines », rattachée au IIAC-LAHIC, Musée du Quai Branly et HiCSA (2014-2015)

• Chargée de cours magistraux à l’Université deNice-Sophia Antipolis, Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, Département Ethnologie-Anthropologie (2015-2016)

THÈMES DE RECHERCHE

Anthropologie visuelle, Usages politiques de l’art et de la mémoire, Art visuel et Propagande, Biennale bantoue, Archives coloniales, Monuments africains

RECHERCHES ACTUELLES

Edification et destruction de monuments publics dans les villes africaines - Usages politiques et artistique des archives - Art socialiste en République Populaire du Congo - Art officiel zaïrois - Modalités d’intégration et de rejet des artistes « du sud » sur la scène internationale

AIRES DE SPECIALISATION

République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire

PARCOURS DE RECHERCHE

Dans le prolongement d’un double cursus universitaire en Histoire de l’art et en Anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille, Nora Greani est titulaire d’un doctorat de l’EHESS sous la direction de Jean-Loup Amselle. Soutenue en 2013, sa thèse portait sur les conditions de production et de réception de l’art visuel au Congo-Brazzaville, depuis les années 40 jusqu’à nos jours. L’enjeu était de mettre en évidence les principales contraintes (politiques, historiques, sociales) qui se sont exercées sur la créativité locale. Entre 2014 et 2015, elle a poursuivi un travail de recherche postdoctoral au sein du Laboratoire d’Excellence « CAP », ciblé sur les imageries officielles (socialiste et mobutiste) des deux Congos durant les monopartismes. Elle est actuellement chargée de cours magistraux au sein du Département d’Anthropologie de l’Université de Nice.

FORMATION ET BOURSES

2014-15

Post-doctorat au Labex CAP. Affiliée au LAHIC (rattachement principal) et au département de la Recherche et de l’Enseignement du Musée du Quai Branly et à l’HiCSA (rattachements secondaires).

2014

Qualification aux fonctions de Maître de conférences, Section 20

2013

Doctorat en Anthropologie sociale et culturelle, EHESS-Paris sous la direction du Pr. Jean-Loup Amselle. Bourse Aire culturellede l’EHESS, 2010. Mention : Très honorable avec félicitations du jury à l’unanimité. Membres du jury :

• Jean-Luc Aka-Evy, Professeur à l’Université Marien Ngouabi, Brazzaville

• Jean-Loup Amselle, Directeur d’étude, EHESS

• Brigitte Derlon, Directrice d’étude, EHESS

• Bogumil Jewsiewicki (rapporteur), Professeur à l’Université Laval

• Pierre Wat (président), Professeur à l’Université Paris 1

• Tobias Wendl (rapporteur), Professeur à la Freie Universität, Berlin

2009

Master 2 en Histoire de l’art (Université de Provence Aix-Marseille I)

2008

Double cursus universitaire : Master 1 en Histoire de l’art + Master 1 en Anthropologie (Université de Provence Aix-Marseille I)

2007

Double cursus universitaire : Licence en Histoire de l’art + Licence en Anthropologie (Université de Provence Aix-Marseille I)

PUBLICATIONS

Ø Direction de numéro de revue

Numéro de la revue Gradhiva : « ARTchives », en codirection avec Alice Atérianus-Owanga (A paraîtreen 2016)

Numéro de la revue Cahiers d’études africaines : « Monuments publics. Entre permanences et renaissances nationales ». (Projet validé par le comité de rédaction, en cours de préparation). Appel à contributionen français et en anglais paru dans le n° 220 de la revue et sur le site Calenda : https://calenda.org/354761

Ø Chapitres d’ouvrages collectifs

2016, « Dans les salles d’attente des expositions occidentales d’art contemporain. L’exemple des artistes contemporains congolais », eds. Bernadette Dufrêne et Jérôme Glicenstein, Histoires d’expositions, Paris, Editions Hermann

« Peindre le politique, Jalons pour une anthropologie comparée des imageries politiques des deux Congos en contexte monopartite (1963-1992) », Cahiers du Labex CAP, Paris, Editions de la Sorbonne (Accepté, à paraître)

Ø Direction d’Actes de colloque

• Actes de la journée d’études « Avant que la magie n’opère. Modernités artistiques en Afrique », Institut national d’Histoire de l’Art, le 14 septembre 2015, en codirection avec Maureen Murphy. Parution des actes en ligne sur le site de l’INHA (à paraître en 2016)

Ø Articles dans des revues à comité de lecture

• 2012, « Soixante ans de création à l’École de peinture de Poto-Poto », Cahiers d’Études africaines, 2012/1, n° 205

• 2015, « Beauté Congo. Ce que populaire veut dire », Histoire@Politique - revue du Centre d’Histoire de SciencesPo, septembre-décembre 2015, n° 27

• « Fragments d’histoire congolaise. Les archives coloniales réactivées du Mausolée Savorgnan de Brazza et de la Fresque de l’Afrique », Gradhiva (à paraître)

• « Le fond de l’art était rouge. L’art visuel au service du Parti-État congolais », Cahiers d’études africaines, numéro spécial « Formation des Elites en URSS » dirigé par Monique De Saint Martin et Patrice Yengo (Accepté, à paraître)

• « L’art contemporain à l’épreuve de l’authenticité bantoue, L’exemple de la Biennale d’Art Bantu Contemporain », ARTL@S Bulletin (ENS) (article soumis)

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

2015-16

Université de Nice Sophia-Antipolis, Faculté des Lettres, Art et Sciences Humaines, Département Ethnologie-Anthropologie :

• Cours Magistraux d’Anthropologie Politique, étudiants de Master 1. Volume : 18 heures

• Cours Magistraux d’Approches ethnologiques comparées de la notion de culture, étudiants de Master 1. Volume : 18 heures

• Cours Magistraux d’Ethnologie-Histoire-Sociologie  : Cours Magistraux, étudiants de Master 1. Volume : 18 heures

2014-15

Université de Nice Sophia-Antipolis – UFR STAPS :

• TD et TP d’Expression écrite et orale- Initiation à la sociologie, étudiants de Licence 1, Volume : 100 heures (50 heures TD et 50 Heures TP)

ORGANISATION DE JOURNÉES D’ÉTUDES ET D’ATELIERS DE RECHERCHE

• Journée d’études organisée en collaboration avec Maureen Murphy : « Avant que la magie n’opère. Modernité artistique et authenticité nationale », Institut National d’Histoire de l’Art, Paris, 14 septembre 2015

• Journée d’études organisée en collaboration avec Mathieu Capel et Benoît Hennaut : « Résistances et/ou conformités : engagements de l’objet culturel », Institut National d’Histoire de l’Art, Paris, 19 juin 2015

•. Atelier de recherche organisé dans le cadre des 3èmes Rencontres des Études africaines : « L’Art africain et le socialisme. Quand le fond de l’art était rouge », Institut d’Études Politiques, Bordeaux, 01 juillet 2014

PARTICIPATION À DES CONFÉRENCES, SÉMINAIRES, JOURNÉES D’ÉTUDES

Ø À venir

• Colloque international « Socialismes africains, Socialismes en Afrique », 7 avril 2016, Université Paris 1, Paris. Communication :Le fond de l’art était rouge. Pédagogie politique par l’image en République populaire du Congo

• Colloque international « Arts chrétiens en Afrique centrale : inculturation et branchements », 13 mai 2016, Université de Lorraine, Metz. Communication : Figures de la délivrance dans l’iconographie des deux Congos : la chaîne brisée comme attribut sacré

• Colloque international « Images, représentations et imaginaires du Soi et de l’Autre : confronter cultures savantes et populaires pour contribuer à la stabilisation du Congo », 24 mai 2016, Université de la Calabria, Italie. Communication : Portraits de Patrice Lumumba. Les revendications mémorielles conflictuelles en RDC au miroir de l’art visuel

• Séminaire de recherche dirigé par Michèle Coquet, Daniel Fabre et Odile Vincent : « Images et imaginaires de l’ethnologie », 26 mai 2016, EHESS, Paris. Communication : Filiations imaginaires. Représentations du pouvoir politique dans les images officielles des deux Congos

Ø 2016

• Conférence « Pratiques artistiques contemporaines d’Afrique formes et enjeux politiques » organisée par le laboratoire Les Afriques dans le monde (CNRS/Sciences Po Bordeaux), 17 mars 2016, FRAC Aquitaine, Bordeaux. Communication : Fragments d’histoire congolaise : une imagerie coloniale réactivée

3ème Rencontre des jeunes chercheurs en études africaines. Discutante avec Olivier Marcel du panel : « Dynamiques circulatoires des arts et des artistes », 14 janvier 2016, Université Paris Diderot, Paris

Ø 2015

• Séminaire de recherche dirigé par Maureen Murphy :« Histoire des arts de l’Afrique. Les Biennales d’art contemporain », 18 décembre 2015, Institut National d’Histoire de l’Art, Paris. Communication : La biennale bantoue : entre avant-gardisme et traditionalisme

• Colloque international« Circulations artistiques Sud-Sud », panel « Biennales of the South : expectations and influence » discuté par Anthony Gardner, 18 juin 2015, École normale supérieure, Paris. Communication en anglais : Contemporary art and Bantu authenticity. The example of the Biennial of Contemporary Bantu Art• Journée d’études organisée par Mathieu Capel, Nora Greani et Benoît Hennaut, discutée par Dimitri Vezyroglou : « Résistances et/ou conformités : engagements de l’objet culturel », 19 juin 2015, Institut National d’Histoire de l’Art, Paris. Communication : Les imageries politiques des deux Congos• 6 ème Conférence européenne des études africaines « Mobilisations collectives en Afrique : contestations, résistances et révoltes », Panel « African Arts in the Former Socialist Bloc Countries. Opening on a New Space or Political Affiliation ? », 8 juillet 2015, Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, Paris. Communication : La figure de l’homme nouveau dans l’art de propagande

• Séminaire de recherche dirigé par Claire Bosc-Tiessé, Jean-Paul Colleyn, Anne Doquet, Christine Douxami et Eric Jolly : « Supports et circulations des savoirs et des arts en Afrique et au-delà », 23 janvier 2015, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris. Communication :Marx, Engels, Lénine et Marien Ngouabi : l’art de propagande en République populaire du Congo

Ø 2014

• Journée d’études organisée par Nathan Réra, Marta Amico et Julien Bondaz : « Patrimonialisation en terrains minés. Sauvegarde culturelle et conflits armés en Afrique », 23 octobre 2014, Musée du Quai Branly, Paris. Communication : Guerre civile et pillage : l’exemple du Musée national de Brazzaville

• Journée d’études organisée par Nathalie Ortar et Elisabeth Anstett : « Trajectoires d’objets en crise. Recyclage et récupération en situations de pénurie ou d’urgence », 12 juin 2014, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris. Communication : Débris de guerre et œuvres d’art au Congo-Brazzaville : l’art de la récup’

• Conférence internationale 3èmes Rencontre des études africaines en France « L’Afrique des/en réseaux », Panel organisé par Nora Greani : « L’Art africain et le socialisme. Quand le fond de l’art était rouge », 2 juillet 2014, Institut d’Études Politiques, Bordeaux. Communication : Art et socialisme en République populaire du Congo (1964-1991) : les rouages de la diffusion de l’idéologie par l’art

• Colloque international « Histoires d’expositions- Exhibitions Histories » organisé par Bernadette Dufrêne, Jérôme Glicenstein et Didier Schulmann, Panel : « Enjeux géopolitiques de l’exposition », 8 février 2014, Institut National d’Histoire de l’Art, Paris. Communication : Dans les salles d’attente des expositions occidentales d’art contemporain, l’exemple des artistes contemporains congolais

RÉSUMÉ DE LA THÈSE (EHESS-Paris)

Art sous influences. Une approche anthropologique de la créativité contemporaine au Congo-Brazzaville

L’art contemporain du Congo-Brazzaville n’est jamais parvenu à s’imposer dans la dynamique de la scène artistique mondiale, alors même que le pays est unanimement célébré pour son patrimoine littéraire et que les exemples de légitimation artistique ne manquent pas sur la rive gauche du fleuve Congo. En partant de cet état de fait paradoxal, cette thèse analyse les conditions de production et de réception de l’art congolais à l’échelle nationale et internationale, depuis les années quarante jusqu’à nos jours. L’enjeu est de mettre en évidence les principales contraintes (politiques, historiques, sociales ou culturelles) qui se sont exercées sur la créativité congolaise. Avec l’appui d’enquêtes ethnographiques menées entre 2009 et 2013, l’étude explore trois grandes thématiques. La première partie examine la marche vers l’indépendance, l’ère du socialisme et le projet politique d’une biennale bantoue en tant que pistes contextuelles ayant inspiré la créativité congolaise. La seconde partie étudie les stratégies de diffusion et de promotion artistiques les plus récentes. La troisième partie interroge l’impact de la guerre civile sur l’art et ses incidences sur la réorganisation urbaine. Les « représentations » élaborées au fil des ans par les artistes congolais à l’aide de pinceaux ou de burins sont envisagées dans ce travail comme une voie d’accès, parmi tant d’autres, aux « représentations » de la société congolaise.

RÉSUMÉ DU POST-DOCTORAT (Labex CAP)

Peindre le politique, Anthropologie comparée des imageries politiques des deux Congo en contexte monopartite (1963 - 1992)

Durant l’été 1960, une page que l’on suppose être vierge s’ouvre à de nombreux Etats d’Afrique en matière d’organisation économique, sociétale, culturelle et politique. Parmi les différentes lignes idéologiques adoptées par les gouvernements fraîchement indépendants, deux pays séparés par une simple bande de fleuve, les deux Congos, empruntent des trajectoires diamétralement opposées. En effet, dès 1964, le Congo-Brazzaville est le premier Etat africain proclamant officiellement son ralliement au socialisme-scientifiqueet au marxisme-léninisme. Cette expérience afro-communiste se poursuit durant près de trois décennies en contexte monopartite. Le pays voit se succéder quatre présidents qui, au fil du temps, rompent avec les objectifs révolutionnaires initiaux tout en sauvegardant les apparences (notamment par le biais des œuvres d’art). En revanche, au Congo-Kinshasa, une unique figure assure la direction du parti unique instauré en 1967, celle du « grand léopard », Joseph-Désiré Mobutu. Durant près de deux décennies, ce dernier orchestre un projet nationaliste de « zaïrianisation » et affiche un anticommunisme résolu. D’un côté comme de l’autre du fleuve Congo, les régimes de parti unique s’achèvent avec la tenue de Conférences nationales souveraines, porteuses de l’espoir d’une ère de démocratisation, en 1991 et 1992.

Entre les années 60 et 90, dans un contexte de lutte pour la construction d’États nations indépendants et du rassemblement populaire autour de valeurs communes, les partis-État congolais élaborent des politiques culturelles visant à relayer leurs orientations idéologiques. Cette période de l’histoire a laissé en héritage une production artistique visuelle (fresques, timbres, peintures sur toile, affiches, etc.) méconnue et explorée ici pour la première fois dans une perspective comparative.