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La fin du monde. Essai sur les apocalypses culturelles. Ernesto De Martino

par Nadine Boillon - publié le

Texte établi et traduit de l’italien sous la direction de Giordana Charuty, Daniel Fabre et Marcello Massenzio.

Editions Ehess, Paris, 2016.

Comment transformer les diagnostics portés au début du xxe siècle sur la « crise » ou le « déclin » de l’Occident en symptômes pour redéfinir les rapports de l’anthropologie aux autres sciences sociales ? Telle est la question à laquelle tente de répondre Ernesto De Martino en interrogeant les conceptions du temps que se sont forgées diverses formations historiques – qui sont aussi des concrétions culturelles – face à la menace que fait peser la modernité en tant qu’elle signifie dissolution d’un rapport authentique à soi et au monde. À sa mort, De Martino laisse inachevée une vaste enquête qui prolonge le comparatisme de l’école romaine d’histoire des religions, repense divers existentialismes et s’inspire à la fois d’Antonio Gramsci, du fonctionnalisme britannique et de l’esthétisme critique de son époque. Ce travail sera publié douze ans plus tard, à titre posthume, sous le titre de La fine del mondo. Contributo all’analisi delle apocalissi culturali (1977), et sera régulièrement réédité en Italie.

Le livre proposé ici en offre plus qu’une traduction : Giordana Charuty, Daniel Fabre et Marcello Massenzio se sont plongés dans l’atelier de travail de De Martino ; ils sont remontés jusqu’aux sources de l’écriture du livre ; ils ont choisi et commenté les différents fragments qui le composent afin d’aboutir à une version réduite, mais plus cohérente, d’un projet à l’ambition anthropologique foisonnante.

En exposant les grands thèmes de l’anthropologie démartinienne dans une langue respectueuse de ses inventions conceptuelles, cet ouvrage invite à redécouvrir une oeuvre trop souvent réduite en France à une ethnographie « exotisante » de l’Italie du Sud. Des archives inédites, un appareil critique et un important dossier photographique complètent le volume.

L’auteur

Ernesto De Martino (1908-1965) est le fondateur de l’anthropologie religieuse italienne. Introduite en France au milieu des années 1960 par Michel Leiris, Alfred Métraux, Georges Balandier, son oeuvre poursuit le projet d’une réforme de l’ethnologie, fondée sur l’analyse de la « rencontre » en situation d’inégalité, de violence, de domination symbolique. Trois de ses livres sont disponibles en français : Le monde magique, Italie du Sud et magie, La terre du remords.