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Accueil > L’ Iiac > Activités scientifiques > Séminaires et enseignements de l’IIAC 2017-2018

Les Deaf Studies en question

par junior - publié le

Programme complet

Andrea Benvenuto, maîtresse de conférences de l’EHESS ( CERMES3, PHS )

Julie Châteauvert, docteure de l’UQAM ( PHS )
Marie Coutant, ingénieure d’études à l’EHESS ( PHS )
Angelo Frémeaux, doctorant à l’EHESS ( CRH )
Mike Gulliver, Research Associate in Religion & Deaf History, University of Bristol ( Hors EHESS )
Ruth Kitchen, docteure de l’Université de Cardiff ( PHS )
Marie-Thérèse L’huillier, ingénieure d’études au CNRS ( Hors EHESS )
Olivier Schetrit, contrat postdoctoral au CNRS ( CERMES3, PHS )
Pierre Schmitt, doctorant à l’EHESS ( IIAC-LAHIC )
Didier Séguillon, maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre-La-Défense ( Hors EHESS )
Soline Vennetier, doctorante à l’EHESS ( CRH )

Se développant en parallèle avec les Disability Studies, les Deaf Studies (expression apparue aux États-Unis au début des années 70) rassemblent des recherches du monde anglo-saxon ayant comme point commun le déplacement d’un paradigme ancré sur la vision médicale réparatrice de la surdité qui fait de l’« audisme » (Humphries, 1975), c’est à dire de la production de discriminations lorsque l’accès au monde sonore est établi comme norme dominante pour penser la condition des sourds, vers une approche sociologique et anthropologique où les sourds sont considérés comme une minorité linguistique et culturelle avec des caractéristiques spécifiques. Ces approches ont été diffusées en France à partir des années 1970 sous l’influence notamment du sociologue Bernard Mottez, mais ils n’ont pas connu la même fortune, pour des raisons tant de structuration du champ académique que de tensions théoriques et épistémologiques entre différentes traditions intellectuelles.

Ce séminaire est conçu comme un espace de partage entre chercheurs et jeunes chercheurs sourds et entendants à l’échelle nationale et internationale, nous permettant de poursuivre collectivement nos recherches suivant divers axes. Nous approfondirons ainsi cette année notre analyse de l’émergence des recherches sur les communautés sourdes et signantes en France depuis les années 1970 et de leur insertion dans le champ académique des sciences humaines et sociales (espace à part, ou apport de nouvelles thématiques et méthodologies, articulation avec des évolutions épistémologiques voire renouvellement de certaines disciplines). Nous étudierons également les tensions que ces recherches francophones peuvent présenter avec les travaux issus des traditions épistémologiques anglo-saxonnes et les conditions de la réception de ces derniers à travers les réseaux scientifiques aussi bien que profanes. Enfin, nous explorerons les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques qui traversent ces recherches : organisation de ces champs d’études au sein des espaces académiques français, places respectives des chercheurs sourds et entendants, places des sourds dans les universités, relations aux communautés sourdes et signantes constitueront certains des points soumis à la discussion.