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Bonnet, Nadège

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Nadège Bonnet

Doctorante en Anthropologie Sociale Ethnologie

Direction de thèse : Mme Catherine NEVEU

nadege.bonnet@ehess.fr

Résumé du projet de thèse :

« De l’ethnographie du processus à une anthropologie de l’évènement : le réaménagement de la place des Fêtes, Paris, 19ème »
Ce projet de thèse questionne le caractère a priori ordinaire de l’aménagement spatial de la ville, en observant, d’un point de vue anthropologique, le réaménagement d’une place parisienne, la place des Fêtes, située à Paris, 19ème arrondissement. Notre interrogation porte sur l’écart entre l’aspect matériellement visible du réaménagement, son aspect anodin, et ce que sous-tend sa mise en œuvre, ce que celle-ci réactive et génère en termes de mobilisations. L’objectif de la recherche est de comprendre comment et pourquoi certains lieux, plus que d’autres, cristallisent les enjeux de nos sociétés contemporaines. La spécificité de notre approche réside dans la considération portée au changement architectural et urbain en tant que réalité sociale. Pour ce faire, le réaménagement est appréhendé par l’entremise du concept de l’évènement : cet outil nous permet de restituer au réaménagement son historicité, et de déterminer l’hypothèse du lien entre lieu et processus de transformation. Nous mesurons que la transformation en question dépasse le simple projet de réaménagement d’espace public : la place est à observer dans sa singularité en tant que place, grand ensemble et quartier. L’enquête ethnographique montre en effet que la banalité apparente du réaménagement masque, en fait, un champ de relations complexes entre acteurs mus par un attachement singulier au lieu, laissant apparaître une certaine forme d’extraordinaireté de celui-ci. Questionnant et analysant cet attachement et la pluralité des formes qu’il revêt, on relève sa double inscription dans une historicité individuelle et collective. Dans le même temps, on constate que, concomitamment à la construction d’un attachement au lieu, se constitue une certaine forme d’engagement politique et social, relatif notamment au « cadre de vie » et au nouveau partage d’une culture architecturale : cette citoyenneté, processuelle et relationnelle, se situe à la croisée des enjeux de la transformation.