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Anna Leone - Korémachie. Une étude comparée de l’opera dei pupi et du théâtre des guarattelle

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Résumé

L’opera dei pupi sicilienne – le théâtre des marionnettes à tringle armées – a été reconnu par l’Unesco comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2001. Le théâtre des marionnettes à gaine avec Pulcinella, appelé guarattelle, n’a pas eu la même reconnaissance même si depuis quelques années les marionnettistes ont été impliqués dans la préparation des candidatures pour l’inscription sur les listes de l’Unesco du masque napolitain de la commedia dell’arte et des collections de l’Union internationale de la Marionnette italienne (UNIMA Italia). Dès lors, le rapport des marionnettes aux communautés et aux territoires où elles se sont diffusées est souvent souligné. Mais cette relation avait déjà été mise en avant par les premiers auteurs qui se sont intéressés aux pupi et aux guarattelle. Ces théâtres ont d’abord été étudiés par des spécialistes de « traditions populaires », intéressés aux caractères et aux valeurs qui rapprochaient les marionnettes des « classes populaires » siciliennes et napolitaines. Les combats des pupi et des guarattelle ont été souvent interprétés comme l’expression de conflits sociaux. Une telle interprétation peut pourtant conduire vers une vision statique de ces « traditions », refusée par certains marionnettistes qui revendiquent l’appartenance de leurs marionnettes à la scène théâtrale contemporaine.

Ce travail vise à analyser les liens entre les marionnettes et leurs identités présumées à partir d’une étude des discours et de la performance théâtrale. Les écrits sur les marionnettes font écho aux textes littéraires sur Naples et sur la Sicile, depuis les récits de voyage du Grand Tour jusqu’à la littérature de la deuxième moitié du xxe siècle. On s’interrogera sur la façon dont certaines thématiques de cette littérature ont été mises en relation avec les marionnettes. L’analyse du corpus bibliographique montrera ainsi toute la complexité des identités attribuées aux pupi et aux guarattelle par les spécialistes, les marionnettistes ou les passionnés.

Les scènes contemporaines des pupi et des guarattelle permettront ensuite d’aborder ces questions d’un autre point de vue. En suivant les approches proposées par l’anthropologie de la performance, on peut saisir la façon dont les marionnettes nous mettent en relation avec l’image de nous-mêmes, avec l’identité et l’altérité en général, avec le conflit et la mort. Les corps, les voix et les rythmes des marionnettes montrent ce qu’il y en amont et en aval des histoires et des personnages représentés et des identités attribuées aux pupi et aux guarattelle. Après avoir analysé les identités et les caractères attribués aux marionnettes, l’étude de la performance permet de saisir ce qui, dans le théâtre, précède toute idéologie ou identité particulière.

Jury :

Christian Biet, Professeur à l’Université Paris Nanterre

Stefano De Matteis, Professeur à l’Università degli studi Roma Tre

Salvatore D’Onofrio, Professeur à l’Università degli studi di Palermo

Bernadette Majorana, Professeur à l’Università degli studi di Bergamo

Jean-Bernard Ouédraogo, Directeur d’étude à l’École des hautes études en sciences sociales

Caterina Pasqualino, Directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique

Soutenance le samedi 8 décembre à 9h30

à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess),

105 boulevard Raspail, 75006 Paris

salle 8.