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Archéologie et autochtonie

par JCM2 - publié le

Les recherches anglo-saxonnes ont ces dernières années mis en évidence la place de choix qu’occupe l’archéologie dans l’affirmation de différents nationalismes, notamment dans le cas des minorités autochtones et des pays décolonisés. Fortes de ces acquis, les enquêtes conduites dans le cadre du programme l’institution archéologique s’appuient sur des terrains plus proches et resserrés non sans, au préalable, prendre acte de la réalité d’un certain « retour du local » qui veut que, ici et ailleurs, s’expérimentent de nouvelles manières de construire la localité et de vivre son autochtonie. En d’autres termes, les territoires se redessinent et se redéfinissent, dans un mouvement que les politiques d’aménagement accompagnent, suscitent ou contrarient. Depuis quelques années déjà, les ethnologues sont bien conscients du fait que cette redéfinition « trouve son expression culturelle dans une dynamique qui partout fait du recours à l’histoire son étendard » (A. Bensa, in Une histoire à soi, MSH, 2001, 2). Plus récemment, l’attention s’est portée sur les rapports, encore à expliciter, qu’entretiennent cette production d’histoire et la requalification des espaces (« Fictions historiques et productions des territoires » - GARAE, Carcassonne, 13, 14 et 15 juin 2001).

C’est dans la continuité de ce questionnement que s’inscrit la réflexion conduite au sein du LAHIC autour des archéologies autochtones. Nous souhaitons plus précisément porter notre regard sur les localités dont l’archéologue fouille le sol. Il s’agit de comprendre comment les identités locales en pleine recomposition usent de ce passé exhumé et, à l’échelle des individus, comment l’archéologie, consommée ou pratiquée, participe de l’élaboration de leur lien au lieu, de leur enracinement.

Les deux sessions des journées Archéologies autochtones (novembre 2003 et juin 2004), ont permis de faire le point sur les enquêtes en cours et de les confronter aux résultats déjà obtenus sur d’autres territoires, à d’autres échelles et en d’autres temps de l’autochtonie. La publication collective L’archéologue et l’indigène : variations sur l’autochtonie (Editions GARAE : Hésiode, Carcassonne, à paraître) rendra compte de ces différentes contributions et des échanges dont ces journées d’études ont été le cadre.

Membres du Lahic participant à ce programme de recherche : Christiane Amiel : Les potiers de Sallèles ; Anna Iuso : De Fiorentino à Torremagiore : du site au spectacle de l’histoire ; Véronique Moulinié : Le voleur de passés, Paul Servin ; Jean-Pierre Piniès : Vignerons archéologues, Jean et Odette Taffanel ; Sylvie Sagnes : Narbonne et ses archéologues « hors-sol » ; Odile Vincent : Les collections de livres de beurre du Grand-Pressigny.

Responsable : Sylvie Sagnes