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L’autre de l’art : art de l’enfance et enfance de l’art.

par redacteur - publié le

La reconnaissance artistique est la modalité la plus ancienne et la plus constante d’institution de la culture, c’est-à-dire de changement de catégorie et de valeur d’un objet ou d’un bâtiment. Or, la révolution de la modernité, qui se dessine à Paris dans les années 1840, consiste à faire de l’artiste, et des médiateurs qui l’entourent (marchands, critiques, muséographes ...), l’énonciateur de la valeur. Au mépris de toutes les règles stables du beau que l’académie exprime, le domaine de l’art est donc en situation de remaniement constant et d’extension croissante. Il tend à inclure ce qui lui était auparavant étranger et ces inclusions mettent en mouvement continu la définition de l’art lui-même.

Le chantier ouvert sur « l’autre de l’art » vise à analyser l’une des voies de cette extension, celle qui consiste à conférer la valeur artistique à des productions valorisées dans d’autres mondes sociaux en inventant des dénominations contradictoires, des oxymorons du type : art populaire, art primitif, art des fous, art des enfants etc. La recherche a pour but d’analyser les conditions précises d’émergence de ces catégories, les acteurs qui y président, les débats qui en découlent et leurs effets sur le champ des arts et des savoirs.

Cette thématique fait, depuis 2002, l’objet du séminaire de Daniel Fabre (en collaboration avec Claude Macherel) à l’EHESS. Elle se focalise aujourd’hui sur "L’art de l’enfance et l’enfance de l’art" dans le cadre d’une collaboration avec le Musée du Quai Branly.

"Arts de l’enfance, enfances de l’art" Dossier coordonné par Daniel Fabre, Gradhiva.