Accueil > LAHIC > Programmes > Programmes achevés > L’institution archéologique

La discipline archéologique : controverses, frontières et transferts de modèles

par voisenat - publié le

Ce programme de recherche prend la forme d’un séminaire qui a débuté en 2003-2004 et qui propose une exploration anthropologique de controverses ou de débats portant sur la discipline archéologique, en particulier lorsqu’elle ambitionne de garantir la vérité de ses énoncés. Cette interrogation, qui sera poursuivie dans les années à venir, se développera en variant les échelles d’approche. Elle portera tout d’abord sur le régime disciplinaire de l’archéologie. Tant à travers les modes de production de ses données et les ressources cognitives empruntées aux “ sciences dures ” que par ses procédés discursifs, elle se situe dans un entre-deux : entre une perspective naturaliste et une perspective sociale, entre modélisation et récit, entre culture scientifique et fiction bien fondée. Les uns tentent de la “ rendre sociale ”, d’autres souhaitent y élaborer des modèles épistémologiques exportables, certains enfin essaient de s’allier avec d’autres sciences sociales alors constituées en ressources analogiques ou théoriques. On analysera dans ce cadre les transferts de modèles, de concepts et de procédures en interrogeant l’effet des usages analogiques de ressources cognitives diverses sur la définition même de l’espace disciplinaire que l’archéologie s’assigne. Par une réduction d’échelle, l’analyse portera également sur des épreuves localisées de qualification d’objets. S’agissant de cette qualification d’objets comme archéologiques et historiques, l’attention sera portée à des controverses sur l’authenticité de sites singuliers. Mais il pourra également s’agir de qualifications particulières d’objets déjà authentifiés et que l’on fait relever -sans doute au prix d’un anachronisme ou d’un universalisme émotionnel - de catégories plus générales comme, par exemple, “ l’art préhistorique ”. Dans ce cas, il s’agira de s’intéresser aux espaces de discussion et de raisonnement qui ont présidé à ces opérations de catégorisation. Après une séance d’introduction, on abordera successivement, à partir d’interventions des responsables du séminaire ou de chercheurs invités, le statut épistémologique de la discipline, la migration de modèles, l’espace des controverses archéologiques.

Le séminaire s’est déroulé du 11 mai au 15 juin 2004, tous les mercredi. Il a reçu après une séance introductive Jean Louis Gardin, Valentine Roux, André Tchernia, Daniel Fabre, Gérard Chouquer, Noël Barbe.

Responsables : Noël Barbe, Jean-Louis Fabiani