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Vie, mort et renaissance des Bouddhas de Bamiyan (Afghanistan)

par JCM2 - publié le

Cette conférence de Pierre Centlivres, qui ouvre une série de journées d’étude sur les émotions patrimoniales aura lieu le 13 février 2007, de 17h à 19h, au Ministère de la Culture, 182 rue saint Honoré, 75001 Paris. Salle Malraux au rez-de-chaussée (se munir d’une pièce d’identité qui sera échangée contre un laissez-passer à l’accueil).

Le grand Bouddha en 1963.
Le grand Bouddha en 1963.
© UNESCO/A Lezine.

Résumé de la conférence :

En mars 2001, on s’en souvient, à la suite d’un décret de Mullah Omar, les talibans procédèrent à la destruction, à coup d’explosifs, des deux Bouddhas géants de la falaise de Bamiyan, en Afghanistan. Les démarches, vaines, tentées auparavant par l’UNESCO, par diverses organisations et par plusieurs gouvernements pour dissuader les talibans d’accomplir l’acte iconoclaste, puis l’émotion presque universelle, pays musulmans y compris, exprimée devant ce qui fut considéré comme un sacrilège, ou du moins comme un acte de barbarie, firent ressortir, autant que le deuil d’une œuvre appartenant au patrimoine de l’humanité, une confrontation entre des valeurs apparemment inconciliables : condamnation des images taillées et de l’idolâtrie, d’une part, préservation, voire « culte » même de ce que l’Occident, et pas seulement l’Occident, considérait comme un bien commun, universel, de l’autre.

Dans cet exposé, on abordera, par delà les événements factuels, les enjeux et les valeurs exprimés dans l’argumentation des parties en cause et l’évolution de la signification que ces statues colossales et leur destruction révèlent pour les opinions concernées : les bouddhistes, la population afghane et le public occidental.

Pierre Centlivres, né en 1933, docteur ès lettres, est professeur émérite de l’Université de Neuchâtel (Suisse).

Recherches en Afghanistan, au Pakistan et en Suisse.

Conseiller au Musée national afghan, Kaboul (1964-1966).

Après avoir été conservateur adjoint au Département d’ethnographie du Musée d’histoire de Berne (1967-1974) et chargé de cours au Séminaire d’ethnologie de l’Université de Berne (1971-1980), il succède en 1974 à Jean Gabus à la tête de l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel, et fonde et dirige le Centre de recherches ethnologiques (1974-1998).

Il a créé la collection « Recherches et Travaux de l’Institut d’ethnologie », Neuchâtel, Institut d’ethnologie, et Paris, Maison des sciences de l’homme, ainsi que la série « Ethnoscope ».

Il est marié à Micheline Centlivres-Demont, ethnologue, avec laquelle il a effectué un grand nombre de ses recherches.

Il a publié, sur l’Afghanistan :

Un bazar d’Asie centrale. Forme et organisation du bazar de Tâshqurghân (Afghanistan).

Wiesbaden, Dr. L. Reichert, 1972.

Chroniques afghanes, 1965-1993. Paris/Amsterdam, Editions des Archives contemporaines, 1998.

Les Bouddhas d’Afghanistan. Lausanne, Ed. Favre, 2001.

Avec Micheline Centlivres-Demont

Et si on parlait de l’Afghanistan ? Terrains et textes 1964-1980. Neuchâtel, Institut d’ethnologie ; Paris, Maison des sciences de l’homme, 1988.

Portraits d’Afghanistan. Paris, Adam Biro, 2002.

À paraître, en avril 2007 : Revoir Kaboul. Chemins d’hiver, chemins d’été entre l’Oxus et l’Indus. 1972-2005. Genève, Editions Zoé. Environ 480 p., ill.

Cette conférence sera précédée d’une présentation par Christian Hottin (Mission à l’ethnologie) et Daniel Fabre (Lahic) du programme et des journées d’étude consacrées aux émotions patrimoniales.