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Ce que Jephan relève, après la chute

par Nadine Boillon - publié le

Claude Macherel, article paru dans : Jephan de Villiers, Le peuple sous l’écorce, Rodez, Éditions du Rouergue, avril 2007.

« Avant l’envol » (ci-contre) est le nom donné par J. de Villiers à un autoportrait composé en 1986. Comme l’anneau sans recto ni verso de Mœbius ou l’apostrophe des cours d’écoles, tout autoportrait fait boucle : c’est celui qui l’a fait qui l’est. De quoi ce créateur se montre-t-il fait ? Où, quand, comment sa création et ses créatures prennent-elles forme et force ? Qu’appellent-elles de leur présence saisissante ? Arpenteur du « sol impitoyable » dont parle Michel Leiris, sur lequel tombent des gens, échouent épaves et carcasses, chutent feuilles et plumes, meurent des arbres ou des soldats, J. de Villiers marche à la rencontre de restes inertes qui, à proprement parler, semblent attendre qu’il les relève. Afin que, de retour à l’atelier, il confère à ces gisants redressés figure pérenne, insufflée, mouchetée d’écrits, hantée d’attente, mémorable.

Ce texte fait suite à d’autres études sur les ressorts et les ressources de quelques facteurs de formes plastiques (Catlin, Vermeer, Piero della Francesca), décrits et compris en actes, sur pièces. S’agissant ici d’une « œuvre-monde », il s’inscrit par ailleurs dans un travail collectif engagé au Lahic à l’enseigne de L’imaginaire archéologique.