Accueil > LAHIC > Productions scientifiques > Rencontres scientifiques > Rencontres 2007-2008

Les émotions patrimoniales - 2ème session

par Nadine Boillon - publié le

Journée d’étude du 8 novembre 2007

Hôtel de Vigny - 10, rue du parc Royal 75003 Paris - Salle Nicolas Loir - 1er étage


Le patrimoine ou le monument ne sont plus aujourd’hui de simples témoins immobiles de l’histoire nationale (l’ont-ils d’ailleurs jamais été ?) mais la source de débats, d’engagements collectifs voire de révoltes qui surgissent de façon souvent inattendue et incontrôlable et témoignent d’une forte sensibilité au passé dans des groupes sociaux très divers ou très composites.

On sait combien la notion de patrimoine s’enracine dans ce qui fut son repoussoir : la destruction, révolutionnaire, moderniste ou mercantile, des traces du passé, stigmatisée sous le vocable de vandalisme. Aujourd’hui, un répertoire restreint d’événements déclenchent ces mouvements. Il suffit qu’un site, un paysage, un édifice, un quelconque support de mémoire et d’identification soit détruit, transformé, détourné de sa fonction antérieure ou, simplement, menacé de l’être. L’émotion conjure le spectre de la perte. Reste à comprendre la dynamique sociale de sa genèse, de sa diffusion et de son extinction, à définir les modalités de l’engagement des groupes et des individus, à identifier les processus de la médiatisation et de la confrontation institutionnelle qui contribuent puissamment à métamorphoser un débat restreint en « scandale » puis en « affaire », à expliciter la diversité des langages (controverse scientifique, combat politique, manifestations collectives de tous ordres ...) et les régimes de valeurs qu’ils expriment.

Les recherches conduites sur ce thème par le Lahic et ses partenaires partent tous de cas précis, minutieusement analysés. Même si le rayonnement de l’émotion - du local au mondial - est variable, son épicentre et sa temporalité sont toujours délimités, offrant à l’enquête ethnographique et micro-historique des terrains exemplaires.

En 2001-2002, le séminaire interne du Lahic a été entièrement consacré à cette question et en 2003 la mission à l’ethnologie a décidé de le prolonger par un petit programme de recherche. Ces journées d’étude reviendront sur quelques cas emblématiques (la dérestauration de Saint-Sernin à Toulouse, l’installation des colonnes de Buren au Palais Royal, la destruction des Bouddhas de Bamiyan, l’incendie du château de Lunéville...), tout en s’efforçant de dégager des perspectives générales. Leur finalité est de donner à « l’émotion patrimoniale » une place qu’elle n’a pas encore, ni dans les recherches dont l’acte patrimonial fait l’objet, ni dans la réflexion qui sous-tend les politiques de la culture.

PROGRAMME

9h15-9h30 : Accueil

9h30-10h15 : Introduction par Christian Hottin (Mission ethnologie, Lahic) et Daniel Fabre (Lahic, EHESS)

10h15-11h15 : Nathalie Heinich, (CNRS, CRAL).

Esquisse d’une typologie des émotions patrimoniales

11h30-12h30 : Bérénice Waty, (IUFM de Champagne-Ardennes, Lahic)

Le non-alignement de l’association Menhirs Libres. Un exemple de controverse patrimoniale à l’ère de la Toile.

Déjeuner

14h30-15h30 : Vincent Lemire (ENS LSH, Lyon) et Yann Potin (Université Paris X)

Une émotion patrimoniale récurrente ? La destruction/restauration du Palais des Tuileries (1871-2007)

15h30-16h30 : Christina Kott, (Université Paris II, chercheur associé à l’IHTP)

Les émotions patrimoniales et la guerre : destruction, mobilisation, valorisation

16h45 : Conclusion par Jean-Michel Léniaud, (EPHE).

Résumés des communications :

Programme des premières rencontres

Pour tous renseignements, contacter Mme Nadine Boillon.