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Paul Rivet - le savant et le politique

par Nadine Boillon - publié le

Christine Laurière, coll. "Archives 12", Muséum national d’histoire naturelle , 2008, 724 p.

C’est en Équateur, pendant une passionnante mission de cinq ans, que Paul Rivet, médecin militaire de formation, découvre sa vocation d’ethnologue. De retour en France, il redéfinit les missions de l’ethnologie, délaissant l’anthropométrie au profit de la linguistique, de l’ethnographie et du diffusionnisme. Les institutions qu’il dirige (chaire d’anthropologie du Muséum, Institut d’ethnologie, musée de l’Homme) assurent la reconnaissance définitive de l’ethnologie. Intellectuel engagé, il lutte contre les menaces fascistes et racistes dans les années 1930. Membre du réseau de résistance du musée de l’Homme, il est contraint à l’exil en 1941. Il trouve refuge en Colombie, où il développe les études ethnologiques, contribuant ainsi à la revalorisation de l’Indien dans la nation.

Il rentre à Paris en 1944 et s’implique plus que jamais dans la vie politique française, au moment où la question de la décolonisation devient sensible. Il meurt en mars 1958.

Passé à la postérité en tant que fondateur du musée de l’Homme, Paul Rivet (1876-1958) reste paradoxalement une figure méconnue bien qu’il soit le père fondateur de l’ethnologie française dans les années 1920/1930, aux côtés de Marcel Mauss. Abondamment illustrée et enrichie de nombreux documents d’archives, cette biographie intellectuelle a deux ambitions. Elle restitue à la fois la richesse et l’originalité de son parcours d’ethnologue – notamment en Amérique latine. Elle rappelle également les engagements politiques de cet intellectuel de gauche (président du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, premier élu du Front populaire à Paris en mai 1935, militant antiraciste, résistant exilé en Amérique du Sud, député SFIO).