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Mémoire, patrimoine, globalisation. Cultures de/dans la déterritorialisation

par Nadine Boillon - publié le

Résumé - Cet article propose quelques pistes de réflexion sur la manière dont la « mondialisation-globalisation » a pu influer sur le rapport du territoire à la culture, envisagée sous l’aspect du patrimoine ou plus largement de la relation au passé. Il développe l’idée d’une tension complexe entre territorialisation et déterritorialisation, laquelle se décline en trois propositions successivement développées. Tout d’abord le constat que devant la mondialisation sont mis en place des dispositifs qui, telle la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel dont le cas est examiné ici, ont pour effet d’assurer une permanence territoriale, celle précisément de l’État-nation. Ensuite, l’hypothèse que la prolifération des objets et des porte-parole en matière de patrimoine et de mémoire est un effet de la globalisation au sens où non seulement cette dynamique contribue à multiplier et à diversifier la référence territoriale, du niveau infra étatique au niveau supra étatique, mais à la recomposer dans les flux du « travail de l’imagination ». Puisant dans ses enquêtes sur le travail de la mémoire industrielle en Lorraine, et s’appuyant sur les analyses d’Arjun Appadurai, l’auteur analyse brièvement deux cas de production globale de la localité. La proposition conclusive tire les conséquences des deux premières, sous la forme d’une invitation à en finir avec le scientisme et l’autoritarisme de la doxa présentiste, si l’on veut se donner les moyens de comprendre et d’accompagner les initiatives multiples qui tentent de réenvisager les rapports du présent au passé dans l’objectif d’inventer de nouvelles solidarités avec le futur.