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L’INSTITUTION DU PATRIMOINE

1 - Mécanismes et parcours

par JCM2 - publié le


Collecte missionnaire d’objets et fétichisme culturel. La transmutation d’une tête de reliquaire du Byeri fang (Gabon) en objet culturel : le circuit d’un transfert de sacralité

Les entreprises missionnaires cultivent au moins trois paradoxes : 1) le travail de « vernacularisation » des langues locales lié aux traductions des catéchismes et de la Bible, reposait sur le présupposé d’une universalité transparente du message évangélique mais il a contribué à l’invention de langues et de cultures indigènes singulières dotées d’une valeur « culturelle » et porteuses d’identité « ethno-nationale » 2) la diabolisation des pratiques « païennes » et la destruction des fétiches a eu pour envers une vaste collecte d’objets fétiches et des pratiques d’exposition qui ont suscité l’intérêt des marchands, collectionneurs, et amateurs d’ objets de curiosité exotique, et cultivé ainsi le goût de l’art nègre 3) enfin, les dessins, images et récits d’aventures véhiculés en Europe dans le souci de la « Propagation de la foi » et de l’œuvre de conversion ont nourri tout un imaginaire de l’altérité exotique ou diabolique qui continue à travailler notre rapport à ces « cultures de l’ailleurs et de la différence »
Cette contribution des entreprises missionnaires à l’institution des cultures indigènes et au processus d’artification producteur de « fétichisme culturel » ne peut qu’alimenter la réflexion sur l’Institution de la culture comme production de valeur culturelle et comme lieu de « transfert de sacralité ».

Responsable : André Mary.