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terrain n°59, "L’objet livre".
Les propriétés matérielles du livre ont une incidence sur leur contenu, sur les significations accordées à ce qui y est écrit. Que ce soit au travers d’activités rituelles ou magiques, qu’on considère les livres sacrés ou profanes, les textes manuscrits ou imprimés, les livres agissent sur les hommes autant que les hommes agissent sur eux.
voir : [http://www.cairn.info/revue-terrain...]
Collection Ethnologie de la France | avril 2012, "En Corse. Une société en mosaïque" Gérard Lenclud
En Corse, dans les années 1970, une société villageoise s’accroche à la montagne. Elle y maintient, avec le concours de la diaspora, un modèle d’existence en commun largement hérité de son passé proche mais dont les évolutions en cours sur le littoral semblent préparer à terme la disparition. Ce serait alors la fin d’une longue histoire sur laquelle cette société avait gravé sa signature, à défaut d’y exercer sa mainmise. La Corse est, en effet, l’abri d’une civilisation dont le creuset est villageois. Les textes rassemblés dans ce volume dressent le portrait de certaines des institutions portant la marque de cette civilisation et reconstituent ses valeurs. Un idéal en organise le jeu ; il est cultivé dans chaque vallée, dans chaque communauté de village, dans chaque maisonnée : l’idéal de souveraineté.
Éditeur Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris
terrain n°58, "Pourquoi coopérer"
La coopération intervient à tous les niveaux du vivant, de la formation d’un génome à la constitution d’organismes multicellulaires. Mais les êtres humains sont l’unique espèce où on observe des coopérations fortes, régulières, diverses, risquées, étendues et parfois coûteuses entre individus sans relations de parenté. Les notions de compétition et d’égoïsme chères aux théories de l’évolution et de l’économie classique ne suffisent à expliquer ce mode de relation. Aussi, comprendre l’évolution de la coopération est devenu un défi scientifique pour les années à venir.
terrain n°57, "Mentir"
Qu’est ce que le mensonge ? Est-il propre à l’être humain ? Comment et quand les enfants apprennent-ils à mentir ? Existe-t-il des circonstances où le mensonge serait légitime ? On dit de certains groupes ou cultures qu’ils mentent plus que d’autres… Mais la recherche scientifique – notamment l’archéologie et les statistiques –, ne sont pas à l’abri d’interprétations qui vont parfois à l’encontre de la vérité, qui est pourtant leur objectif déclaré… L’acte de mensonge se révèle bien plus compliqué à cerner et donc à juger qu’il n’y paraît. Ce volume de Terrain en témoigne à travers cinq contributions émanant d’autant de cercles disciplinaires : • Une étude conduite dans l’atelier du psychologue, portant sur le développement chez l’enfant du savoir-faire en matière de mensonge ; elle complique avec bonheur des hypothèses, trop simples, négligeant de prendre en compte le facteur social. • Une réflexion sur le mensonge à l’iranienne dans laquelle l’anthropologue s’interroge en particulier sur la présence au sein de l’individu d’un « double je » ; le mensonge pourrait prendre alors la forme d’un exercice convenu, pratiqué par chacun au vu et su de tous ; mais ce mensonge-là en est-il un ? • Une présentation du mode de mensonge en cours dans l’archéologie, parée de ses techniques de pointe pour identifier, dater et attribuer ; quels y sont donc les ressorts de la déformation volontaire des témoignages enfouis dans le sol ? • Une analyse sociologique à propos des statistiques de la délinquance ; « chanstiquer » (bidouiller) les chiffres, est-ce mentir ? ; mais les « vrais » chiffres, qu’est-ce à dire ? Y aurait-il une réalité toute faite, préexistant à son évaluation quantifiée ? • Enfin, une brève histoire philosophique de l’interdit portant sur le mensonge dans la tradition philosophique occidentale, et un rappel des arguments d’ordre métaphysique fondant la nécessité de cette interdiction
collection Ethnologie de la France | mars 2011, "En son jardin
Ethnologie du fleurissement", Martine Bergues
Que donnons-nous à voir en jardinant de telle ou telle manière ? Prenant pour cadre les villages du Lot, l’auteur a étudié avec finesse la mise en scène des fleurs plantées dans les jardins privés et les espaces publics. Elle en soulève ici les enjeux sociaux – mais aussi économiques, symboliques, affectifs, imaginaires –, et met en évidence que, quel que soit le contexte – « jardin paysan », « jardin fleuri » ou « jardin au naturel » –, le fleurissement reflète des façons de s’inscrire dans un territoire et de dialoguer avec l’autre. En son jardin certes, mais pour mieux signifier aux passants ou aux voisins une manière, individuelle ou collective, de voir et d’organiser le monde. Comment, alors, interpréter l’évolution des modalités du fleurissement selon les époques ? En quoi ces changements rendent-ils compte de manières de penser et de sentir différentes ? Comment ces questions croisent-elles à leur tour l’histoire des concours de fleurissement, qui apparaissent comme des outils normatifs destinés à établir de l’ordre et à organiser du lien ? Quelles convergences ces concours encouragent-ils entre la mise en fleurs des espaces publics et celle des espaces privés ? Ce contexte permet-il de mieux saisir le succès actuel de certains thèmes comme la biodiversité ? Répondant à ces questions, Martine Bergues offre ici une analyse aussi éclairante qu’alerte de notre société au miroir de son décor végétal. martine bergues est ethnologue au Conseil général du Lot et chercheur associé au centre Edgar- Morin (cnrs). Spécialiste des liens entre sociétés et territoires, elle a récemment publié « L’Ostal, ou la culture de la terre » dans les Cahiers du musée départemental de Cuzals, et cosigné le film Des jardins familiers.
terrain n°56, "Analyses de sang"
Est accordée ici la priorité au sang des spécialistes de la santé publique et du domaine biomédical. Mais, loin de laisser de côté le symbolique ou le surnaturel, ce dossier s’attache à montrer comment le social, le culturel et le religieux s’immiscent dans des contextes où, pensait-on souvent, ils n’avaient guère leur place.
Terrain n°55, "Transmettre"
Que ce soit en Europe ou dans des sociétés plus lointaines, les discours « de crise » sur la disparition des sociétés, des valeurs, des identités, des racines ou des langues abondent aujourd’hui, poussant les ethnologues à développer leurs analyses de la notion de transmission et d’apprentissage (qu’il s’agisse de pratiques, de représentations ou d’émotions). Et, ce faisant, à penser les mécanismes complexes qui lient les individus et rendent possible la perpétuation du culturel.
Terrain n°54, "Catastrophes"
Les catastrophes mettent face à face l’homme et la nature, semblant opposer une nature opaque et machinale à un homme éclairé. En va-t-il ainsi dans les faits ? L’analyse des désastres passés, comme celle des menaces à venir, a maintes fois fourni des arguments religieux, politiques, moraux ou scientifiques. Car les grandes catastrophes, en raison de leur vide de sens initial, se comportent comme des « puits de causalités », attirant à elles des logiques capables de les transformer en faits attendus. Ainsi Grégory Quenet, étudiant les tremblements de terre et leurs interprétations à l’époque moderne, montre qu’ils ont alors donné naissance à un nouvel objet, le « risque ». Le cyclone de Nargis, qui a ravagé le delta du sud de la Birmanie en 2008, fut interprété par les bouddhistes orthodoxes comme une sanction naturelle envers un ordre militaire contesté (B. Brac de la Perrière). Les coulées de boue meurtrières survenues au Venezuela en 1999 donnèrent lieu à de multiples lectures de la catastrophe selon les acteurs impliqués : habitants, Eglises, hommes politiques, journalistes… (S. Revet). Le milieu médical est aussi à la recherche d’interprétations : à Hong-Kong, les experts ne se contentent pas de trouver la source des agents biologiques de la grippe H5N1 ou H1N1, d’identifier et de circonscrire ses modes de contagion : ils vont jusqu’à parler de « menace bioterroriste » (F. Keck). Quant à l’ouragan Katrina, il offrira aux autorités, via des associations de secours aux sinistrés, l’opportunité d’une campagne visant à transformer leurs habitudes alimentaires, niant le contexte social des habitants. Les victimes d’aujourd’hui ou d’hier sont en effet régulièrement pointées du doigt. La Shoah des Tsiganes mit 50 ans à être reconnue car leur mode de vie, présumé nuisible et asocial, joua le rôle d’élément à charge contre eux (M. Stewart). Quoi qu’il en soit, le sens et la réalité des catastrophes ne sauraient être trouvés et éprouvés dans leurs photographies dont les clichés ne peuvent qu’être réducteurs, indécents ou, pire, esthétisants (A. Solomon-Godeau).
Terrain n°53, "Voir la musique"
Que donne à voir la musique ? Que donne à entendre l’œil ? Le visuel et le sonore convergent selon de multiples modalités : représentations de la musique par la peinture, systèmes de notation musicale, articulations entre sons et mouvements… pour certains compositeurs ou interprètes, les notes de musique possèdent même le pouvoir de déclencher des couleurs, des images mentales ou des paysages.
Par exemple chez les Itcha du Bénin, l’acte énonciatif du chant « fait voir » une montagne, thématique qui cristallise un ensemble de connaissances relatives à leurs divinités, à leur culte et à leur genèse (M. Leclair). Pour les synesthètes, ce sont les notes de musique et les couleurs qui sont indissociables.
P. Crispini trace l’histoire de ce « dialogue métaphysique ininterrompu » qui court jusqu’à l’époque contemporaine dans les œuvres de Messiaen et Scriabine. Autre dialogue qui concerne la représentation graphique de la musique : les expériences des musiciens improvisant en duo avec leur ordinateur (M. Chemillier).
Mais d’autres activités musicales laissent d’autres types de traces. R. Martinez étudie les trajectoires au sol des musiciens instrumentistes pendant le carnaval chez les Tarabuco de Bolivie. Ces figures spectaculaires renvoient aux motifs que l’on retrouve dans le tissage, l’autre expression esthétique centrale de cette société.
Les arts graphiques ont aussi largement représenté le monde de la musique. L’article d’A. Paradis analyse les relations que le peintre Paul Klee entretenait, par son oeuvre, avec la musique, notamment à travers les nombreux corps « enviolonés » que l’artiste a mis en scène. De son côté, P. Junod s’est penché sur la figure de l’auditeur, apparue tardivement dans l’histoire de l’iconographie musicale.
Celle-ci révèle les émotions suscitées par la musique et témoigne d’une prise de conscience de l’importance des relations de réciprocité entre compositeur et auditeur.
Ce développement d’une « esthétique de la réception » trouve un intéressant écho dans l’article de C. Guillebaud. Dans certains temples hindous, un automate s’est substitué à la présence de musiciens.
Cet automate suscite un véritable engouement car il génère un « effet spécial » qui étonne celui qui le regarde au point de troubler ses catégories perceptuelles.
Voici l’adresse internet : http://terrain.revues.org/index13739.html
Cahiers ethnologie de la France n°23, Ethnologie des gens heureux.
Il n’existe pas, à proprement parler, d’anthropologie du bonheur. Cet ouvrage entend rompre ce silence, en interroger les motifs et propose, en faisant dialoguer différentes approches du bonheur dans des cultures parfois fort éloignées les unes des autres, de tester l’hypothèse de « formes élémentaires du bonheur ».
Voici l’adresse internet : http://terrain.revues.org/index13661.html
Terrain n°52, "Etre une personne"
Qu’est-ce donc qu’une personne ? Qu’avons-nous au juste en tête lorsque nous parlons spontanément de « personne » plutôt que d’ « être humain » ou d’ « homme » ? Le métaphysicien et l’anthropologue, le prêtre et le neurologue, le juriste et le chirurgien parlent-ils tous de la même personne ? Ce volume de Terrain a été conçu pour livrer aux lecteurs un écho des travaux ainsi menés dans divers milieux savants pour apporter des éléments de réponse à ces deux interrogations étroitement liées : que sommes-nous tous ? lequel sommes-nous, chacun d’entre nous ?
Voici l’adresse internet : http://terrain.revues.org/index13443.html
Terrain n° 51, "Religion et politique"
A travers l’analyse d’exemples de la relation politique/religion, ce dossier de Terrain souhaite réfléchir sur les diverses configurations de cette relation : mouvements religieux pour la paix, débats sur le lien entre le parti communiste italien et les catholiques, affrontements religieux dans un contexte de guerre, apparition de rituels religieux autour de victimes civiles de la Mafia sicilienne...
Voici l’adresse internet : http://terrain.revues.org/index10239.html
Collection "Ethnologie de la France" n° 30
Des hommes de Devoir. Les compagnons du Tour de France (XVIIIe-XXe siècle), Nicolas Adell-Gombert
La belle ouvrage, le Tour de France, le secret… tout l’imaginaire du compagnonnage tient dans quelques pratiques et quelques symboles qui ont focalisé l’attention, épaississant un « mystère » compagnonnique et laissant dans l’ombre les questions qui auraient dû être premières : qu’est-ce qu’être compagnon ? comment le devenir ? et le rester ?
Établi à partir d’enquêtes de terrain, de récits de vie et de dépouillements d’archives, cet ouvrage montre les voies qu’il faut emprunter, fait entendre les appels auxquels il faut savoir répondre pour se dire « compagnon du Tour de France ».
Car l’auteur, ethnologue, le démontre clairement : l’actualité des compagnons n’est pas une simple persistance. En effet, le compagnonnage est une institution dont la modernité s’est lentement construite depuis le XVIIIe siècle. Simple organisation de jeunesses artisanales vouée à « faire passer » cet âge de la vie dans un premier temps, le groupe compagnonnique a progressivement cherché à façonner de manière plus large l’existence des individus. Institution de passage devenue institution à rites de passage, les compagnons ont peu à peu mis en avant un modèle de vie auquel seule une minorité peut se soumettre : les hommes de Devoir, ceux qui ont su, comme ils le disent eux-mêmes, « faire de leur vie un chef-d’œuvre ».
Terrain n° 50, « le Diable »
De la grande panique sataniste qui a touché les USA et la Grande-Bretagne dans les années 1990 à l’omniprésence du Diable dans le discours des très dynamiques églises évangéliques, en passant par le regain des exorcismes effectués par les prêtres catholiques, la figure du Diable est toujours bien présente aujourd’hui en Europe. Même si la publicité use et abuse d’une image d’un Diable plus comique que dangereux, dans d’autres contextes ses représentations jouent toujours un rôle maléfique.
site internet : http://terrain.revues.org