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22 mars 2006
Salle Loir, Hôtel de Vigny, 10 rue du Parc Royal 75003 Paris
Dans le cadre du programme du LAHIC "Le savoir des différences" (ACI "Histoire des savoirs"), la réflexion esquissée dès 2002 autour de la question de la polygraphie a tout "naturellement" trouvé sa place. L’heure est venue de lui donner corps.
Rappelons brièvement que l’atelier les polygraphes se propose d’analyser cette pratique d’écriture telle qu’elle se présente au tournant des XIXème et XXème siècles. Ecriture encyclopédique prenant en charge tous les domaines du savoir, écriture polymorphe adaptable à toutes les intentions et à toutes les formes d’expression (savante, romanesque voire autobiographique), la polygraphie apparaît jusque là, c’est à dire jusqu’à la fin du XIXème siècle comme un critère de valeur. Dès lors, elle se voit concurrencée par d’autres pratiques d’écriture, plus spécialisées, dont l’émergence accompagne le mouvement de compartimentation des disciplines. Manière résiduelle, archaïque et démodée d’être savant, la polygraphie se verrait alors poussée sur les marges, réservée aux petits érudits de province. On ne saurait dénier la pertinence de cette explication historique mais elle nous semble insuffisante pour saisir pleinement la portée de cette polygraphie qui persiste, précisons-le, jusqu’à la fin du XXème siècle. Tout aussi bien la polygraphie trouve-t-elle sa raison d’être dans l’objet particulier qui est le sien, à savoir le local et, qui plus est, dans un rapport particulier du polygraphe au dit objet. C’est du moins l’hypothèse que nous allons tenter de mettre à l’épreuve des différents cas particuliers abordés dans le cadre de l’atelier.
L’atelier se veut le lieu de la confrontation de différentes trajectoires de savants et de comparaison de leurs productions. Parmi les cas envisagés (C. Beauquier, A. Mengus, A. Brofferio, P. Foncin, P. Sébillot, L. Alègre, Lenoir, J. Momméja, F. Courrière,...) certains excèdent le cadre du tournant des XIXème et XXème siècles. Il importe en effet de ne pas limiter trop strictement la perspective chronologique aux seules décennies qui encadrent l’an 1900, étant entendu que la prise en compte, sur la longue durée, des disparitions, persistances et transformations devrait nous aider à mieux appréhender les enjeux inhérents à cette pratique d’écriture.
Au sein de l’ACI, cet atelier est conçu sous la forme de journées d’études qui pourraient s’organiser autour du programme suivant :
Figures
L’objet du polygraphe : du local à l’universel
La part de l’autobiographie et l’identité savante
Le polygraphe face à ses savoirs : hiérarchisation, conservation, transmission.
La première de ces journées donnera à chacun des participants l’occasion de présenter lepolygraphe étudié et de tirer de ce portraitles éléments singuliers susceptibles d’alimenter la réflexion commune. Au-delà de la galerie de portraits, il s’agira de développer, d’affiner, voire de rédéfinir,les axes problématiques envisagésa priori, axesautour desquels s’articulera le programme de nos prochaines rencontres.
Programme :
9 h 00
Véronique Moulinié, Sylvie Sagnes
Introduction : Prosoprographie, biographie, polygraphie.
Daniel Fabre
Georges Hérelle
Noël Barbe
Charles Beauquier ou l’abbé Garnerey
Claudie Voisenat
Paul Sébillot
14 h 00
Dominique Poulot
Lenoir
Véronique Moulinié
Jules Momméja
Sylvie Sagnes
Pierre Foncin